Sénégal : la réserve de technopôle menacée

Au Sénégal, la réserve du Technopôle de Pikine, s’étendant sur 650 hectares, est le dernier grand poumon vert de Dakar et un rempart essentiel contre les inondations. Ce sanctuaire unique abrite une biodiversité exceptionnelle, mêlant mangroves et palmeraies, où cohabitent plus de 200 espèces d’oiseaux migrateurs. Cependant, cet écosystème vital est aujourd’hui gravement menacé par une urbanisation sauvage issue des communes environnantes. La pression foncière s’accompagne d’une pollution hydrique alarmante due à des fuites d’eaux usées provenant d’installations de l’ONAS. Devenu un laboratoire à ciel ouvert pour la recherche, le site étouffe sous l’avancée inexorable du béton. Le conservateur Didier Kabou alerte sur l’urgence de protéger ce régulateur climatique avant qu’il ne disparaisse totalement. La survie de ce bouclier naturel est désormais un enjeu écologique majeur pour l’avenir de la capitale sénégalaise.

Au cœur de la capitale sénégalaise, la Réserve naturelle urbaine de la Grande Niaye de Pikine et dépendances livre une bataille acharnée pour sa survie. Étendue sur 650 hectares, ce sanctuaire de biodiversité, véritable poumon vert de la ville, s’essouffle sous la pression conjuguée de l’urbanisation galopante et d’une pollution alarmante. Considérée comme le château d’eau de Dakar, la réserve du Technopôle joue un rôle écologique primordial en servant de bouclier naturel contre les inondations et les vagues de chaleur. Cet écosystème unique, mélange de palmeraies et de mangroves, abrite une faune et une flore d’une richesse exceptionnelle. Le site constitue un laboratoire à ciel ouvert où chercheurs et élèves viennent observer un équilibre fragile. 

C’est au niveau de cette réserve que tu peux trouver, les écosystèmes particuliers des Niayes notamment les palmerais que vous voyez à l’intérieur, la mangrove que vous avez juste derrière moi. Et au-delà de ça des plantes envahissantes qu’on voie à Saint-Louis et peut-être un peu dans le delta du fleuve Sénégal. Cette spécificité , on ne la trouve qu’ici. Au delà de ça, nous avons des espèces faunistiques. On compte 237 espèces d’oiseaux, des migrateurs qui viennent séjourner au niveau du site à un moment donné avant de repartir.

Didier Kabou, Conservateur de la réserve de Technopole

Malgré son importance vitale, la réserve est aujourd’hui « à bout de souffle ». Elle subit les assauts directs de la croissance urbaine des huit communes environnantes qui, faute d’espace, empiètent sur ce domaine classé.  À cette pression foncière s’ajoute une catastrophe environnementale : la pollution extrême des eaux. La cohabitation avec les installations de l’Office National de l’Assainissement du Sénégal (ONAS) s’avère problématique. 

Nous sommes polarisés par 8 communes et ces huit communes n’ont plus  d’espace. Maintenant les gens sont tentés à venir aménager au niveau du Technopole pour habiter. c’est ce problème que nous avons et malheureusement, il ya des communes qui ne jouent pas franc jeu avec nous. A cote de  cette pression foncière, nous avons la pollution des eaux qui a atteint un taux extrême, puisque nous cohabitons avec l’ONAS, qui a des installations à l’intérieur du site. Ce sont des installations qui ne sont pas étanches et qui perdent des eaux usées à l’intérieur des lacs.

Didier Kabou, Conservateur de la réserve de Technopole

La richesse avifaunistique du Technopôle est particulièrement remarquable. Près de 239 espèces d’oiseaux ont été recensées au fil des années, dont une grande partie d’oiseaux migrateurs. Face à ce constat, l’urgence est de mise pour préserver ce qui reste du dernier grand espace vert dakarois, avant que le béton ne finisse par étouffer définitivement ce régulateur climatique essentiel.

Agenda

Bouton retour en haut de la page
logo Africa24tv

CONTACTEZ NOUS

xxxxxxx@yyy.com