Les relations entre le Bénin et le Niger restent sous tension après les accusations liées aux événements de Niamey. Le Bénin rejette toute implication et appelle à la normalisation des relations avec son voisin. Une crise qui pèse aussi sur les échanges commerciaux, tombés à 10,4 millions de dollars en 2025, contre 15,9 millions en 2023.
Le Bénin rejette catégoriquement les accusations le présentant comme un soutien extérieur à la tentative de déstabilisation survenue à Niamey les 28 et 29 août 2026. Face à la presse, le ministre porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji, a réaffirmé que le Bénin ne nourrit aucune intention hostile envers le Niger et souhaite une normalisation des relations entre les deux pays. Une position d’autant plus importante que les deux États partagent 277 kilomètres de frontière et entretiennent des liens historiques et humains étroits.
Le gouvernement demeure convaincu que nos frères nigériens réaliseront, tôt ou tard, que le Bénin n’est pas leur adversaire et que nos liens finirons par se normaliser. C’est une certitude pour nous. Afin de rassurer chacun, ici comme au-delà de nos frontières, je tiens à réaffirmer que notre opposition constante à toute déstabilisation du Niger repose sur les mêmes principes hier, aujourd’hui et demain. Nos peuples partagent une histoire et une fraternité profondes de part et d’autre des frontières, et nous sommes appelés à vivre ensemble dans la paix.
WILFRIED LÉANDRE HOUNGBÉDJI , Ministre porte-parole du gouvernement
Selon le Niger, l’événement découle d’une attaque interne ciblée menée par le Bataillon spécial de renseignement du Commandement des opérations spéciales. Les autorités nigériennes déclarent avoir saisi 34 pick-up, 2 blindés, des motos, des armes et des munitions. Sur la Radio Télévision du Niger, le capitaine Roger Gabriel a évoqué un possible appui extérieur du Bénin, de la Côte d’Ivoire et de la France, des accusations non confirmées de source indépendante.
Afin de rassurer son voisin septentrional à la suite des démarches diplomatiques entreprises, le Bénin préconise l’établissement d’une commission sécuritaire conjointe. Cette instance aurait pour mission d’assurer la surveillance conjointe du nord du Bénin et du sud du Niger. La zone septentrionale béninoise est en effet accusée par Niamey de servir de refuge aux forces hostiles et de base arrière pour l’organisation des incursions dirigées contre le territoire nigérien.
KERWIN MAYIZO, Analyste politique
Au-delà du volet sécuritaire, cette crise pèse sur les relations économiques entre les deux voisins. Les échanges commerciaux formels sont passés d’environ 15,9 millions de dollars en 2023 à 10,4 millions de dollars en 2025, selon l’International Trade Centre. Le Benin appelle donc à dépasser les accusations et à privilégier le dialogue, la coexistence pacifique et le développement. Pour le gouvernement béninois, les populations des deux pays restent liées et ont vocation à vivre en paix de part et d’autre de la frontière.



