Adoptée en mai 2026 et publiée au Journal officiel le 10 mai 2026, la nouvelle loi-cadre française facilite désormais la restitution des œuvres culturelles africaines pillées durant la période coloniale. Elle marque une étape importante dans la reconnaissance des enjeux mémoriels et la recomposition des relations entre la France et plusieurs capitales africaines.
Au-delà de l’histoire, la restitution des œuvres culturelles africaines, symbole de justice mémorielle, reste un enjeu diplomatique et économique majeur. Réclamée depuis des années en Afrique, la nouvelle loi-cadre visant à simplifier et accélérer le retour des œuvres d’art africaines spoliées durant la période coloniale a été adoptée au Parlement français. Désormais, les restitutions pourront être actées par simple décret, sans nécessiter un vote systématique du Parlement. Cette mesure est destinée à rendre plus fluide la dynamique de réparation mémorielle engagée entre la France et plusieurs nations africaines et s’inscrit dans un mouvement diplomatique et culturel plus vaste, déjà concrétisé par le retour de 26 trésors royaux au Bénin, ainsi que du tambour sacré Djidji Ayokwe à la Côte d’Ivoire, 110 ans après qu’il a été soustrait.
Effectivement, le tambour-parleur Djidji Ayokwè est arrivé sur ces terres le 13 mars 2026, 110 ans après avoir été arraché. Et en réalité, ce processus qui est dû, bien sûr, à cet appel que le président Macron a fait en 2017, a mis 6 ans, 9 ans, pour voir son aboutissement avec l’arrivée sur ces terres ivoiriennes. Mais en réalité, la question beaucoup plus large, c’est la question de la transmission, c’est la question de notre patrimoine, c’est la question de la relation avec notre patrimoine.
Françoise Remark, Ministre de la Culture et de la Francophonie – Côte d’Ivoire
La restitution d’œuvres s’explique par la spoliation coloniale notamment avec la conquête du Dahomey en 1892, ainsi que la colonisation en Afrique de l’Ouest. Après des décennies en musées européens, ces objets constitués de trônes, statues et tambours sacrés sont au cœur d’une démarche de reconnaissance historique. Pour le continent ces pièces sont fondamentales pour la mémoire, l’identité et la continuité culturelle.
D’abord, il y a beaucoup d’œuvres qui ont été volées, pillées, et tous les cas que je viens d’évoquer. Et donc là où on a arraché ces oeuvres, elles doivent être restituées, ce qui donne un statut différent à ces œuvres de celles qui ont parfois été achetées ou qui ont circulé ou qui ont pu être données. Et je crois que c’est un cadre déjà juste pour commencer. Et la deuxième chose importante qu’ils ont dite, c’est que ça doit enclencher le retour d’un dialogue et donc il faut qu’il y ait les conditions pour les préserver dans les pays où ils reviennent. Pas question de renvoyer des œuvres dans des pays où il n’y a pas de conservateurs, de curateurs ou des bonnes conditions pour les recevoir. Et on a enclenché tout ce travail. Je dirais que c’est vrai qu’un des pays qui était le plus près était le Bénin, pour beaucoup de raisons évoquées, l’expérience de 2006. Au-delà du cas par cas, on doit bâtir une loi cadre, quelles doivent en être les règles. Et cette loi cadre a été votée il y a quelques jours, elle a été promulguée il y a deux jours, donc maintenant elle s’applique.
Emmanuel Macron, Président de la République – France
Cette initiative, présentée comme un pilier du renforcement de la coopération culturelle entre la France et l’Afrique, sert également de soft power et de développement touristique pour les États africains. Pour la France, elle vient redéfinir ses relations avec l’Afrique en reconnaissant l’inégalité et la violence des acquisitions passées.



