Le cinéma africain est à un tournant de son histoire. Entre l’essor fulgurant des plateformes de streaming et les défis liés à la production et à la diffusion des œuvres, le secteur cherche un nouvel équilibre. C’est autour de cette problématique que s’ouvre la 26ème édition du Festival international du cinéma africain de Khouribga, au Maroc.
Le Festival international du cinéma africain de Khouribga (FICAK) a ouvert sa 26ème édition le 30 mai 2026 au Maroc autour d’un thème au cœur des préoccupations du continent : « Entre streaming et rêve, le dilemme africain ». À l’heure où les plateformes numériques transforment la consommation des œuvres, le cinéma africain cherche à trouver sa place dans un marché en pleine mutation. Selon plusieurs études, le nombre d’abonnés au streaming en Afrique subsaharienne pourrait dépasser les 15 millions dès 2026, contre environ 5 millions en 2022.
‘’Nous avons choisi pour cette édition le thème : la cinématographie africaine entre les séductions des plateformes de diffusion numérique et la maturité du rêve. Ce choix repose sur notre conviction que le cinéma doit nécessairement suivre toutes les transformations que connaît le monde. ‘’
Ezzedine Karbane, Directeur du Festival international du cinéma africain de Khouribga – Maroc
Les plateformes comme Netflix, Showmax ou encore IROKOtv offrent aujourd’hui aux productions africaines une visibilité mondiale inédite. D’après Digital TV Research, les revenus du streaming et de la vidéo à la demande en Afrique pourraient atteindre près de 2 milliards de dollars d’ici 2027. Une croissance portée par la généralisation des smartphones et l’essor de l’internet mobile, devenu le principal moyen d’accès aux contenus audiovisuels pour des millions d’Africains. Toutefois, cette croissance masque plusieurs fragilités. Près de 42 % des plateformes africaines peinent à trouver un modèle économique viable, tandis que plus de la moitié diffusent gratuitement leurs contenus. Par ailleurs, les productions africaines locales ne représenteraient qu’environ 2 % des catalogues disponibles sur les plateformes.
“ Le cinéma africain constitue un espace privilégié de dialogue entre les cultures et les peuples du continent, ainsi qu’un moyen d’exprimer sa diversité et son identité. Pendant cette rencontre, les participants ont également exprimé leur optimisme quant aux perspectives du secteur et à l’avenir du septième art africain. ‘’
Alex Moussa Sawadogo, Président du jury des longs métrages – Burkina Faso
À Khouribga, cinéastes, producteurs et experts débattent donc de l’avenir du cinéma africain entre opportunités numériques et préservation de sa souveraineté culturelle. L’enjeu est majeur : permettre aux créateurs africains de profiter de la révolution du streaming sans perdre le contrôle de leurs œuvres ni fragiliser davantage les salles de cinéma, qui restent un maillon essentiel de l’industrie culturelle du continent.



