Afrique : promotion du narratif africain et renforcement de la création culturelle

Du 15 au 29 juin 2026 à Grand-Popo, au Bénin, la résidence panafricaine d’écriture COURTS CIRCUIT accompagne six auteurs sélectionnés parmi plus de 150 candidatures venues d’Afrique et d’ailleurs. Fiction et documentaire, tous sont venus développer et renforcer leurs projets de films. Le 24 juin, une masterclass organisée à l’Institut français du Bénin leur a permis de confronter leurs idées aux regards du réalisateur sénégalais Moussa Sène Absa et du producteur Souleymane Kébé.

Comment transformer une idée de film en un projet capable de convaincre producteurs, diffuseurs et publics . C’est l’un des défis au cœur de la résidence panafricaine COURTS CIRCUIT organisée à Grand-Popo au Bénin. Durant deux semaines, six auteurs ont travaillé sur leurs scénarios et présenté leurs projets devant des professionnels du cinéma. Le 24 juin, après les séances de pitch, la masterclass « Entre fiction et documentaire : construire un regard singulier dans le court-métrage » a ouvert un espace de réflexion sur la manière de raconter les réalités africaines à travers le cinéma. 

« C’est le monde de la jeunesse. C’est dis 70 % de la population. Donc c’est extrêmement important qu’on écoute leur voix, mais qu’on écoute leur voix pour pouvoir définir les voies de développement, les voies de développement que cette jeunesse exige. Parce que cette jeunesse a l’âge de toutes les idées, toutes les jeunesses du monde. Et c’est à partir de là que le documentaire comme la fiction peuvent être des, des, des relais importants pour porter les voix de la jeunesse. Mais en portant les voix de la jeunesse en porte les voix d’un continent.. »

MOUSSA SÈNE ABSA, Réalisateur-scénariste Sénégal

À travers leurs films, les jeunes auteurs sont invités à observer leur environnement, interroger les mutations du continent et proposer leurs propres récits. Fiction et documentaire deviennent alors deux voies complémentaires pour raconter l’Afrique contemporaine. Parmi les participants figure la réalisatrice et productrice mauritanienne Salimata BA . Venue défendre son projet documentaire « Du tissu à la corde », elle cherchait avant tout à renforcer la structure narrative et l’écriture visuelle de son film.

« C’est un film portrait d’une artiste plasticienne qui s’appelle Lamisso en Mauritanie, qui a transformé en fait des traumas qu’elle a eus par une force en force qu’elle transmet, qu’elle crie, qui a créé un espace à partir de ses propres fonds qui touchent à beaucoup d’art. De par ce film, je rends hommage à cette dame que j’apprécie beaucoup, qui se bat, qui se bat contre des chaînes d’ailleurs, l’idée du tissu à la corde . Je pars du principe qu’on vient tous en tissus et que c’est souvent la société qui nous enchaîne. »

SALIMATA BA, RéalisatriceMauritanie

Pour les organisateurs, cette phase de maturation des projets constitue la raison d’être de COURTS CIRCUIT. 

« Onà la grâce d’avoir déjà un premier projet financé et réalisé fini qui ira bientôt. On a deux projets qui iront en production bientôt et pour cette année là déjà, il y a de très bonnes promesses par rapport à des bourses de continuité et nous en sommes très ravis. »

FRANKLIN TOHOUÉGNON, Co-fondateur de Court-CircuitBénin 

Selon de nombreux experts, le cinéma africain doit s’appuyer sur une jeunesse qui représente plus de 70 % de la population du continent. Ils appellent à un renforcement des investissements dans la formation et l’accompagnement afin de permettre à cette génération de raconter ses propres réalités. 

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