La certification n’est plus seulement un argument commercial. Elle s’impose désormais comme une condition incontournable d’accès aux marchés internationaux. Au Cameroun, cette évolution est déjà bien engagée : 42 % de la production nationale de cacao est aujourd’hui certifiée, tandis que 73 % des bananes exportées répondent aux standards internationaux. Des chiffres qui traduisent le repositionnement progressif du pays vers une agriculture plus durable, en phase avec les exigences du commerce mondial. Depuis 2020, 8,9 milliards de FCFA ont ainsi été investis dans la certification des principaux bassins agricoles du pays.
Longtemps dominé par les hydrocarbures, le commerce extérieur camerounais connaît un basculement historique. En 2025, le cacao s’impose comme le premier produit d’exportation du pays, reléguant le pétrole brut au second rang. Avec 73 261 tonnes exportées et une production de 309 518 tonnes, la fève représente, avec la banane, 31,5 % des recettes d’exportation, contre 22,9 % pour le pétrole. Les exportations de bananes atteignent quant à elles 225 345 tonnes. Cette performance s’explique autant par l’envolée des cours mondiaux que par une montée en gamme des filières agricoles. Le Cameroun revendique désormais 42 % de sa production nationale de cacao certifiée et 73 % des volumes de bananes exportés répondant aux standards internationaux, signe d’un repositionnement stratégique vers une agriculture plus durable.
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Yannick Cyrille Mboba , Responsable du Programme de Certification pour l’Afrique Centrale – Cameroun
Cette transformation se joue au cœur des territoires ruraux. Depuis 2020, les bassins du Dja, des Hautes Terres de l’Ouest et du Grand Mbam bénéficient de programmes de certification et de durabilité. Selon le rapport d’activités 2020-2025 de Rainforest Alliance, 15,5 millions USD soit près de 8,9 milliards de FCFA ont été investis dans ces communautés agricoles. Dans le Grand Mbam, plus de 5,2 millions de dollars ont permis de structurer les producteurs, renforcer les coopératives et protéger les forêts. Dans les Hautes Terres de l’Ouest, les investissements soutiennent l’agroforesterie. Dans le Dja, la relance de la cacaoculture a permis de commercialiser 95 tonnes de cacao en 2025.
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Yannick Cyrille Mboba, Responsable du Programme de Certification pour l’Afrique Centrale – Cameroun
Au-delà des chiffres, l’enjeu est désormais la conformité aux standards internationaux. Ces programmes couvrent environ 1,1 million d’hectares et concernent près de 120 000 personnes. Avec l’entrée en vigueur du Règlement européen sur la déforestation, les exigences se renforcent. Les exportateurs doivent désormais prouver que leurs produits ne proviennent pas de terres déboisées après le 31 décembre 2020. Pour le Cameroun, comme pour de nombreux pays producteurs du continent, les certifications, longtemps perçues comme un simple argument commercial, s’imposent désormais comme de véritables passeports commerciaux.



