La gratuité des soins sera prochainement élargie au Burkina Faso. Les personnes atteintes de maladie chronique ou encore les victimes d’accidents graves devraient être les prochains bénéficiaires. Une politique déjà en vigueur pour les femmes enceintes et les enfants de moins de 5 ans.
Soins, qualité et gratuité. Le Burkina Faso poursuit ses travaux pour réformer son système de santé. En 2016, le pays avait franchi un pas significatif avec l’entrée en vigueur de la gratuité des soins pour les femmes enceintes et les enfants de moins de 5 ans. Une politique que les autorités entendent élargir cette année. Le gouvernement travaille désormais sur l’exemption de paiement des soins en faveur des patients atteints de maladies chroniques notamment.
“Il est apparu extrêmement important d’analyser la possibilité d’élargir la gratuité des soins aux urgences médico-chirurgicales. Le deuxième aspect autour de l’élargissement s’est focalisé sur les violences basées sur les genres.”
Dr Robert Lucien Jean-Claude Kargougou, Ministre de la Santé – Burkina Faso
Une politique ambitieuse mais qui n’est pas sans coût pour le gouvernement burkinabè. Car chaque année depuis 2016, l’état décaisserait 28 à 30 milliards de FCFA au profit de la gratuité des soins. En l’élargissant, les autorités devront mobiliser des ressources supplémentaires évaluées entre 10 et 15 milliards FCFA par an. Si le défi financier est important, le pays pourra tout de même compter sur ses économies réalisées grâce à la digilisation des factures de soins.
“Nous avons digitalisé la feuille de soins, la feuille individuelle de soins ce qui fait qu’avec cette digitalisation, cela permet d’asseoir un mécanisme de contrôle beaucoup plus rigoureux et déjà en ayant implanté cela, nous nous sommes rendus compte que la facture liée à la gratuité des soins a été divisée de par presque deux.”
Dr Robert Lucien Jean-Claude Kargougou, Ministre de la Santé – Burkina Faso
Une gratuité des soins qui a par ailleurs permis de réduire le taux de mortalité infantile et maternel. D’après les chiffres du ministre de la Santé, le quotient de mortalité infanto-juvénile est passé de 81,6 pour 1000 naissances vivantes en 2015 à 48 pour 1000 naissances vivantes en 2021.