À quelques kilomètres de Cotonou, la Glo-Djigbé Industrial Zone accélère la transformation industrielle du pays. Au cœur de ce dispositif, l’usine de Afrikan Ceramics Solutions produit des carreaux sous la marque ELANO, avec une ambition de substituer les importations et positionner le Bénin sur le marché régional.
Depuis 2016, le Bénin a engagé une transformation en profondeur de son économie, organisée autour d’une orientation fondée sur la production, la transformation et l’exportation.
Cette dynamique se matérialise au sein de la Zone Industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ),devenue le principal moteur de cette stratégie industrielle. Le site s’étend sur 1 640 hectares, dont 400 hectares déjà aménagés, et regroupe un volume d’investissements estimé à 1,4 milliard de dollars. À ce jour, la zone compte 14 unités industrielles en activité et a permis la création de plus de 15 000 emplois directs, avec une projection de 300 000 emplois à l’horizon 2030.
« En 2016, le Bénin a connu l’accession au pouvoir du président Patrice Talon, qui a estimé qu’il fallait changer de façon radicale, de façon structurelle, notre économie. Et c’est dans la quête de cette transformation structurelle que le président a eu la vision de désormais fait porter notre économie par un certain nombre de secteurs. Et donc, c’est sur cette volonté de transformer notre économie qui a conduit à identifier un partenaire, notamment le groupe RISE qui a mis en place une avec le gouvernement de la République du Bénin, la SIPI- Bénin, Société d’Investissement et de Promotion de l’Industrie Bénin qui est la société en charge de l’aménagement, du développement, de la promotion et de l’exploitation de la zone économique spéciale de Glo. C’est une zone qui couvre 1640 hectares et donc cette zone a été créée en février 2020. Nous avons engagé les premiers travaux d’infrastructure en juillet 2021. »
Létondji Beheton, Directeur général de SIPI-BENIN S.A – Bénin
Dans cette dynamique, la diversification industrielle s’accélère avec l’émergence de nouvelles filières, dont la céramique constitue un marqueur. L’installation de Afrikan Ceramics Solutions en est l’illustration. L’unité affiche une capacité de production de 100 000 m² de carreaux par jour, soit près de 3 à 3,5 millions de m² par an, à partir de ressources locales telles que le kaolin, l’argile et le granite. Cette montée en gamme modifie l’organisation de la chaîne de valeur, en remplaçant l’exportation de matières premières brutes par leur transformation sur place en produits finis destinés aux marchés national et régional.
« Nous avons également des ressources minières que nous transformons dans cette zone, notamment l’argile et le kaolin. Nous avons une unité qui est installée dans la zone, qui produit des carreaux à peu près 3 500 000 mètres carrés de carreaux par an. C’est une première au Bénin.»
Létondji Beheton, Directeur général de SIPI-BENIN S.A – Bénin
Cette industrialisation recompose les parcours professionnels. Les unités de production deviennent des espaces d’apprentissage et d’intégration pour une main-d’œuvre locale qui monte progressivement en compétence, au contact de procédés industriels modernisés et organisés.
« Je travaille ici à ACS en tant qu ‘ électricienne de maintenance. Je travaille dans le département de parking. A parkings nous assurons l’emballage des carreaux et je travaille aussi en tant que superviseur dans notre département, je supervise le travail entre les collègues et quand on vient le matin, c’est moi qui opère le démarrage des machines.»MAHOUNA ROMAINE DJOTCHOU, Electricienne – Bénin
L’unité emploie près de 500 personnes, entre production, maintenance et logistique. Elle s’inscrit dans l’écosystème de la GDIZ, qui regroupe plusieurs industries (textile, agro-industrie, transformation du coton) et vise à créer des milliers d’emplois à terme.
La démarche vise à développer une production locale capable de capter davantage de valeur et de réduire une dépendance longtemps marquée par les importations dans le secteur des matériaux de construction.
La GDIZ poursuit la montée en puissance de ses capacités industrielles avec un objectif de 300 000 emplois directs, soutenu par de nouveaux investissements et l’extension des filières productives, notamment la céramique. Mais il faudra aussi pour y parvenir, relever les défis autour des infrastructures, l’énergie, la logistique et la formation technique.



