En République centrafricaine, la mode évolue progressivement d’un simple art vestimentaire vers un espace de création, de transmission et d’identité culturelle. Portée par des stylistes et créateurs locaux, elle s’appuie de plus en plus sur les réseaux sociaux et les outils numériques pour se développer et s’ouvrir à de nouveaux marchés.
À l’échelle du continent, les industries culturelles et créatives représentent environ 5,2% du PIB africain, selon la Banque africaine de développement. Avec près de 60% de la population africaine âgée de moins de 25 ans, la mode devient un secteur porté par une jeunesse connectée, créative et de plus en plus formée aux outils numériques.
Je suis conseiller vestimentaire et styliste. Je travaille donc avec des couturiers pour leur proposer des modèles qui peuvent être portés à l’international. Souvent, je crée moi-même des tenues en pagne, puis je collabore avec eux pour les réaliser et les mettre en valeur.
Stan Mbaye-Yapoumalo , Conseiller vestimentaire, promoteur culturel
Dans les ateliers et studios de création, la mode centrafricaine se structure progressivement autour de nouvelles pratiques notamment l’utilisation des réseaux sociaux comme principal outil de formation et de visibilité. Bien que seulement 15% de la population sur 5,51 millions d’habitants ait accès à internet soit plus de 800 000 utilisateurs connectés en 2025. Entre digitalisation, montée en compétences et valorisation du patrimoine local, une nouvelle génération de créateurs s’impose dans un marché en pleine expansion.
Je m’inspire beaucoup de ce que je vois sur YouTube ou sur Pinterest pour apprendre de nouveaux motifs. Ensuite, je les adapte à ma manière. Parfois, j’expérimente, je modifie certains détails pour voir le rendu final. Mon objectif, à terme, c’est de me lancer dans la formation, notamment dans le textile, avec une identité culturelle centrafricaine forte.
Julia Emmanuelle Clément Ngouandji , Créatrice de mode, teinturière textile
Avec un marché de la mode en Afrique estimé à plus de 31 milliards de dollars, porté par la demande croissante de produits identitaires, en Centrafrique, au-delà de la création, la mode devient un levier de transmission culturelle et de professionnalisation progressive.



