À Lomé, une feuille de route structurante pour la période 2026–2028 a été validée, marquant une orientation résolument ancrée dans les réalités du terrain, au-delà des logiques d’alignement idéologique. Les cinq axes de coopération définis dépassent le registre déclaratif et s’inscrivent dans une dynamique de stabilisation des relations avec la Confédération de l’AES. Le choix repose sur la continuité du dialogue et sur un travail progressif de consolidation de la confiance, dans un espace régional encore traversé par des équilibres délicats.
Le Palais des Congrès de Lomé a accueilli, samedi 18 avril 2026, une réunion de haut niveau consacrée à la mise en œuvre de la nouvelle stratégie du Togo pour le Sahel (2026–2028). La rencontre s’est tenue dans un contexte régional en recomposition, marqué par l’affirmation de la Confédération des États du Sahel en dehors de la CEDEAO. Elle a acté le passage à une nouvelle phase stratégique après le cycle 2021–2025. Les échanges ont porté sur l’adaptation des outils diplomatiques, sécuritaires et économiques à un environnement plus complexe, tout en maintenant des canaux de dialogue entre ensembles aux trajectoires distinctes.
“La nouvelle stratégie du Togo pour le Sahel n’est pas un simple document d’orientation, mais une main tendue et un cadre de collaboration formel. Le Togo est prêt à mettre son expertise en médiation et son ancrage régional au service de la stabilité pour servir de pont entre le Sahel et l’ensemble de la communauté internationale.”
Robert Dussey , Ministre des Affaires étrangères – Togo
Cinq axes ont structuré la mise en œuvre : consolidation du dialogue politique, réponse coordonnée face aux menaces terroristes, intégration des populations, renforcement de la coopération économique et investissement dans l’éducation ainsi que dans le capital humain. L’ensemble a été présenté comme un cadre destiné à maintenir des dynamiques de coopération dans un environnement régional sous tension. La confiance y a occupé une place centrale, entre États comme entre partenaires institutionnels, afin de préserver la continuité des échanges malgré les recompositions en cours.
“En termes de solutions immédiates, il est évident que aujourd’hui, nous n’avons pas un cadre unique qui nous permet de travailler dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Vu cette fragmentation et cette difficulté, l’absence de confiance dans un premier temps et de façon pragmatique, il est possible d’envisager des collaborations sur une base bilatérale, là où c’est possible, là où il y a la confiance entre le Burkina aujourd’hui et le Togo. Il y a le travail qui se fait avec le Ghana, avec d’autres pays. Là où c’est possible et travailler plus tard à élargir la base de la confiance parce qu’on ne peut pas assurer la sécurité ensemble si nos pays ne se font pas confiance.”
Abdoulaye Diop , Ministre des Affaires étrangères – Mali
À l’issue des travaux, une orientation s’est dégagée : faire progresser la coopération régionale sans la conditionner à un alignement politique préalable. Dans cette logique, le Togo s’est appuyé sur la continuité du dialogue et sur une confiance construite progressivement pour consolider des relations plus stables avec la Confédération de l’Alliance des États du Sahel. Une démarche progressive, conçue pour générer des résultats concrets dans un environnement régional encore marqué par des équilibres fragiles.



