C’était une rencontre placée sous le signe de l’urgence et d’une vigilance accrue. Confrontés aux limites de leurs modèles sanitaires, les États d’Afrique de l’Ouest s’engagent désormais dans une quête de résilience indispensable. Depuis la capitale économique béninoise, la CEDEAO a acté un changement de paradigme majeur : placer les soins de proximité au cœur de l’architecture institutionnelle régionale. Cette mutation stratégique sort désormais des bureaux pour se mesurer à la complexité des défis opérationnels sur le terrain.
À Cotonou, les 23 et 24 mars 2026, la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest, à travers l’Organisation Ouest Africaine de la Santé, a lancé sa Politique Régionale de Santé Communautaire, avec pour cap une réorganisation des systèmes de santé centrée sur la proximité. Le constat est sans détour : malgré les engagements internationaux, l’accès aux soins demeure inégal, marqué par une prédominance du curatif au détriment de la prévention. Le cap fixé consiste à repositionner les interventions au niveau des communautés, à renforcer la coordination locale et à faire des agents de santé communautaire le socle du dispositif.
« Ce lancement marque un tournant stratégique. Il s’agit de travailler à en avoir une appropriation nationale forte, un engagement multisectoriel et pluridisciplinaire réel et une mobilisation accrue des ressources, notamment domestiques. La CEDEAO, à travers ses différentes institutions, réaffirme son engagement à accompagner nos Etats membres dans cette aventure transformative. »Amadou Diongue , Représentant résident, Commission de la Cedeao au Bénin – Sénégal
Derrière cette orientation, une mécanique régionale s’active. Normes harmonisées, guides opérationnels, feuille de route nationale : les États membres sont appelés à traduire rapidement les engagements en actions concrètes. Le défi consiste désormais à éviter que la réforme ne reste cantonnée aux documents stratégiques.
« Cette nouvelle politique est également un appel à l’action aux États membres pour renforcer la gouvernance locale et investir durablement dans la santé communautaire, avec la pleine participation des communautés elle même aux collectivités territoriales. Pour jouer pleinement leur rôle d’encadrement et de financement endogène local aux populations et aux partenaires techniques et financiers pour s’aligner et allier les APU sur la priorité régionale aux communautés elles-mêmes pour devenir des acteurs des actrices centrales du changement. »Melchior Athanase Joël C. Aïssi , Directeur général de l’OOAS – Bénin
Sur le terrain, trois leviers seront privilégiés : les ressources humaines, la gouvernance locale et le financement durable. Au Bénin, pays hôte de la rencontre, la mobilisation a été lancée avec 176 participants réunis à Cotonou. Reste désormais à passer des engagements aux résultats mesurables : un accès réel aux soins au plus près des populations.



