Dans un contexte de réajustement du calendrier électoral, l’exécutif prolonge le mandat des députés camerounais jusqu’au 20 décembre 2026. Cette mesure, présentée comme une nécessité logistique et sécuritaire, suscite déjà un débat entre stabilité institutionnelle et critiques sur les prorogations successives.
Sous l’égide du président Paul Biya, le mandat des députés camerounais a été officiellement prolongé. L’Assemblée nationale a validé un projet de loi le 19 mars 2026 émanant de l’exécutif, décalant ainsi les élections législatives qui étaient initialement prévues pour l’année 2026. Cette mesure a pour effet d’étendre la durée de la 10ᵉ législature jusqu’au 20 décembre 2026, s’inscrivant dans le cadre d’un réaménagement du calendrier électoral national.
Face aux difficultés financières de l’État, à la crise actuelle et aux circonstances particulières, le Président de la République a fait preuve de lucidité en jugeant inopportun d’organiser de nouvelles élections. Ces facteurs ont sans doute motivé une prolongation du mandat.
Nestus Fru Manju, Député à l’Assemblée nationale
Selon les autorités, cette prorogation répond d’abord à des contraintes organisationnelles et institutionnelles. Le gouvernement évoque la nécessité d’harmoniser le calendrier des scrutins, notamment après les ajustements annoncés pour les élections législatives et municipales. L’objectif est de garantir une meilleure préparation logistique, administrative et sécuritaire des élections, tout en évitant un chevauchement électoral susceptible de perturber le fonctionnement des institutions .
Le gouvernement évoque les circonstances parce que les dispositions de l’article 15 parlent de la crise ou des circonstances qui peuvent justifier. Comme on n’est pas en crise, selon eux, il s’agit donc des circonstances et ils justifient ces circonstances par les difficultés financières et également l’incapacité logistique de l’ECAM au regard de certains dommages que certains sièges de démembrement communaux et départementaux auraient subi.
Adamou Koupit, Député à l’Assemblée nationale
Cette décision est présentée comme une mesure assurant la continuité de l’État : la prolongation du mandat des députés par l’exécutif vise à éviter un vide institutionnel après l’expiration du mandat initial prévue en mars 2026, le temps de finaliser les préparatifs électoraux. Cependant, ce nouveau report engendre des réactions mitigées au sein de la classe politique, partagée entre la nécessité invoquée de stabilité institutionnelle et les critiques récurrentes concernant la multiplication des prorogations du mandat parlementaire.



