Face à la pression sur ses ressources maritimes et à la menace de la pêche illégale, l’Afrique mise sur l’assistance technique de l’OMC pour concilier durabilité, rentabilité et création de valeur. Grâce à cet accompagnement, le continent peut optimiser ses subventions, sécuriser ses revenus, soutenir les PME locales et récupérer jusqu’à un milliard de dollars par an, même avec une réduction partielle de la pêche illégale.
La durabilité des ressources maritimes et la gestion des subventions à la pêche sont des enjeux stratégiques pour l’Afrique. Face à la pression sur les stocks et aux défis des communautés côtières, les pays africains doivent concilier protection de l’environnement, création de valeur et rentabilité. L’OMC, via son assistance technique, les accompagne ainsi pour concevoir des subventions efficaces, conformes aux règles internationales et favorisant une pêche durable.
“Quoi qu’on en veuille à l’OMC, elle contrôle 98 % du commerce mondial. Et avec 166 pays, on a une masse critique de pays côtiers et de pays exploitant des produits halieutiques qui sont, d’une manière ou d’une autre, concernés. Donc, ce faisant, les pays, notamment africains en développement, bénéficient de l’impact, sur le plan écologique, de la réduction de la surcapacité, qui facilite et donne un espace où la reproduction du poisson est assurée, garantissant ainsi la sécurité alimentaire”
Paul Batibonak, Directeur des Affaires d’Afrique, ministère des Relations extérieures – Cameroun
Toutefois, la pêche en Afrique est confrontée à de graves défis : la pêche illicite prospère faute de moyens de contrôle, les infrastructures portuaires et de transformation sont insuffisantes, et la surexploitation menace la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance des pêcheurs artisanaux. Les subventions mal orientées et le recours aux “prête-noms” compliquent la gouvernance, tandis que le changement climatique déplace les stocks et oblige les communautés à s’adapter rapidement. Par ailleurs, la pêche illicite (INN) prospère, coûte au continent environ 11,5 milliards de dollars selon l’Union Africaine.
“L’accord a été légèrement moins bien négocié qu’il ne le fallait. En revanche, ils peuvent utiliser les flexibilités qu’il y a dans l’accord pour revendiquer l’amélioration de leurs capacités d’exploitation des produits halieutiques dans leurs zones économiques exclusives”
Paul Batibonak, Directeur des Affaires d’Afrique, ministère des Relations extérieures – Cameroun
D’ailleurs l’accompagnement technique de l’OMC permet à l’Afrique d’optimiser ses subventions, sécuriser ses revenus d’exportation, soutenir les PME et créer de la valeur locale, tout en réduisant les pertes liées à la pêche illégale et à la surexploitation. En interdisant les subventions à la pêche illégale, l’OMC permet à l’Afrique de récupérer plus d’un milliard de dollars par an, même avec une réduction de seulement 10 % de l’activité illégale.



