À l’occasion de la visite du pape Léon XIV au Cameroun du 15 au 18 avril, focus sur un acteur majeur du système éducatif , l’Église catholique. Entre formation intégrale, promotion de la paix et défis financiers, elle continue de jouer un rôle clé dans la formation de la jeunesse camerounaise.
Au Cameroun, l’Église catholique n’est pas seulement un acteur religieux, elle est aussi un pilier historique de l’éducation. Avec près de 1 900 établissements scolaires dans le pays, allant de la maternelle à l’université, l’enseignement catholique encadre des centaines de milliers d’élèves. Un réseau dense qui repose sur une vision bien particulière de l’éducation : former non seulement l’intelligence, mais aussi la conscience et les valeurs humaines.
La spécificité de l’école catholique réside sur la matrice de sa formation qui se veut une formation intégrale, une qui tient compte de l’homme et de tout l’homme entier, c’est-à-dire son intelligence, son cœur, sa conscience.
Abbé Aurélien LEHOUN MBEA, Secrétaire nationale de l’enseignement Catholique
Cette approche dite holistique s’appuie notamment sur trois piliers : excellence académique, formation morale et accompagnement spirituel. Dans les établissements, cela se traduit par la présence d’aumôneries, de programmes d’éducation à la paix et d’un encadrement renforcé des élèves.
Nous mettons l’accent sur l’éducation à la paix, parce que c’est une de nos spécificités que les évêques ont bien voulu pour répondre aussi à l’objectif que l’État voudrait, c’est de ramener tout bon citoyen à vivre ensemble, et pour qu’il y ait le vivre ensemble, il faut la paix:
Abbé Aurélien LEHOUN MBEA, Secrétaire nationale de l’enseignement Catholique
Préparer les jeunes au monde du travail est une autre priorité de l’Eglise Catholique. L’Église encourage l’enseignement technique et professionnel afin de former des créateurs d’emplois plutôt que de simples demandeurs. Mais derrière ces ambitions, les défis restent nombreux. Fermetures d’écoles dans les zones en crise, manque de financements et baisse des subventions publiques compliquent la mission éducative.
je viens de rentrer il y a de cela une semaine dans les zones là où j’ai vraiment pris acte que nous avons perdu l’école. Au moins 160 écoles sont fermées. Vous imaginez un peu combien d’ élèves nous avons perdu et les charges d’enseignants que l’école catholique doit . À l’extrême nord aussi nous avons des écoles fermées à cause des exactions des Boko Haram. Mais L’école catholique subsiste toujours:
Abbé Aurélien LEHOUN MBEA, Secrétaire nationale de l’enseignement Catholique
Avec près de 1 900 écoles, 17 universités et déjà 461 000 élèves formés, l’Église catholique demeure un partenaire clé de l’État camerounais, contribuant à la réduction de l’analphabétisme et à la formation d’élites nationales. Une mission éducative qui pourrait être renforcée avec la visite du souverain pontife, porteuse d’espoir pour un meilleur accompagnement des œuvres sociales de l’Église au Cameroun.



