La riziculture gabonaise reste aujourd’hui confrontée à un déséquilibre structurel majeur, marqué par une forte dépendance aux importations. Alors que la demande nationale est estimée à près de 90 000 tonnes par an, la production locale demeure très faible. Les autorités et partenaires techniques misent désormais sur la relance de la filière, notamment à travers le renforcement du système semencier et la formation des producteurs.
Au Gabon, le riz constitue une denrée stratégique dans l’alimentation des ménages, avec une consommation annuelle estimée à environ 90 000 tonnes. Pourtant, plus de 95 % de cette demande est couverte par les importations, représentant une facture d’environ 41 milliards de FCFA par an. La production nationale, quant à elle, reste limitée à environ 5 000 tonnes, traduisant une dépendance structurelle forte aux marchés extérieurs et une vulnérabilité alimentaire persistante..
On consomme en moyenne 90 000 tonnes de riz par an, et que plus de 90% de cette consommation est une importation. on ne produit pas grand chose, 5 000 tonnes.Et ça, cette faible production du riz au niveau national est liée au fait qu’on a pas de semences de qualité, mais également on a pas de paysans qui sont formés pour cultiver du riz. Donc, le programme qu’on a mis en place au niveau du centre, c’est d’abord de créer de nouvelles variétés à partir de semences à haut rendement qui nous sont fournies par nos partenaires. La jica en est une dans le cadre de la carte et à partir de ces variétés, ces semences là, créer des variétés qui soient adaptées à nos sols.
Alfred Ngomanda, Commissaire général du CENAREST
Cette faiblesse de la production locale s’explique principalement par l’insuffisance de semences certifiées, le manque de structuration de la filière et une faible formation des producteurs. Les rendements restent faibles en raison de l’absence de variétés adaptées aux conditions agro écologiques du pays. Pour y remédier, des programmes de recherche ont permis de développer environ cinq nouvelles variétés de riz adaptées aux sols gabonais, dans une logique d’amélioration des performances agricoles.
Simplement faire part à nos frères de la République gabonaise que la culture ne doit pas être un mythe. Et on voulait juste mettre en avant l’expérience camerounaise et ce partage.
Bertin Reginald ZE, Ingénieur agronome
Face à ces enjeux, les autorités misent sur la relance de la riziculture à travers la structuration d’une filière semencière nationale. Des programmes de formation et des systèmes de riziculture intensive sont progressivement déployés, en partenariat avec des institutions techniques internationales. L’objectif est de réduire progressivement la dépendance aux importations, d’améliorer les rendements et de poser les bases d’une autonomie alimentaire durable et résiliente pour le pays.



