En Afrique centrale, les banques financent encore l’essentiel de l’économie. Selon plusieurs analyses régionales, plus de 90 % des financements passent par le système bancaire en zone CEMAC. Une situation qui limite l’accès au capital pour les PME et freine les investissements à long terme. Face à cette dépendance, experts et économistes appellent à développer des alternatives comme les marchés financiers, les fonds d’investissement ou encore les partenariats public-privé.
En zone CEMAC, le financement de l’économie reste dominé par les banques, face aux PME qui font face à des défis d’accès à des financements à long terme pour accélérer leur développement. Selon la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC), les crédits à l’économie ont dépassé 12 400 milliards de FCFA au premier trimestre 2025, en hausse de 17,2% sur un an. Malgré cette progression, l’accès au financement demeure difficile pour de nombreuses entreprises. D’où la nécessité de mieux mobiliser l’épargne locale, les fonds de la diaspora et de développer davantage de fonds d’investissement au service de l’économie réelle.
“Nous devons également imaginer à travers les marchés financiers des circuits, des produits qui sont susceptibles justement de mobiliser l’épargne des Camerounais et de les orienter vers l’économie réelle. Aujourd’hui on peut imaginer davantage de fonds d’investissement, davantage aussi de produits de gestion collective qui permettraient en confiance de capter cette épargne-là et de pouvoir la diriger vers les PME parce que ce sont nos PME aujourd’hui qui ont besoin non plus de crédit avec des maturités courtes, mais d’un capital ou en tout cas de financement à temps long pour pouvoir accompagner les différentes ambitions industrielles.”
Jonathan Nyemb, Président de The Okwelians – Cameroun
Le développement des marchés financiers et des partenariats public-privé devient essentiel pour financer les infrastructures en zone CEMAC. Mais le manque de préparation des projets et les faibles capacités techniques des administrations freinent encore leur déploiement. Le Fonds monétaire international estime que le renforcement de la gouvernance économique reste indispensable pour accélérer la diversification de la sous-région d’ici 2029.
“Si nous ne maturons pas suffisamment nos projets, nous ne sommes pas en mesure de pouvoir mieux négocier les termes du partenariat public-privé avec nos partenaires privés.”
Jonathan Nyemb, Président de The Okwelians – Cameroun
La diversification des sources de financement s’impose désormais comme un enjeu majeur pour l’économie de la CEMAC. Développement des marchés financiers, mobilisation de l’épargne locale, création de fonds d’investissement et renforcement des partenariats public-privé : autant de leviers appelés à réduire la forte dépendance bancaire et à soutenir durablement la croissance de la sous-région.



