Banjul, La capitale gambienne a marqué, vendredi 19 juin 2026, la fin d’une étape décisive pour l’avenir commercial de l’Afrique de l’Ouest. Après cinq jours de travaux intensifs, les experts de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont validé les piliers stratégiques visant à dynamiser le commerce intra-communautaire et à transformer durablement l’agriculture régionale. Au cœur des échanges, le constat reste lucide : malgré des décennies d’efforts, les échanges officiels stagnent entre 10 % et 15 %. Le véritable moteur de l’économie régionale demeure le secteur informel, qui représente 80 % des transactions. Pour lever ces freins, les experts ont proposé des mesures concrètes pour supprimer les barrières non tarifaires (BNT) et harmoniser les procédures douanières, facilitant ainsi la libre circulation des biens pour les 400 millions de consommateurs de l’espace CEDEAO.
En Gambie, la 7ème réunion du Comité de facilitation des échanges de la CEDEAO s’est achevée ce 19 juin 2026 à Banjul par la validation de piliers stratégiques pour le commerce ouest-africain. Face à des échanges officiels qui stagnent sous les 15%, les experts ont ciblé la levée des barrières non tarifaires pour mieux intégrer un secteur informel dominant à 80 % le commerce. Ces mesures visent à fluidifier la libre circulation des biens pour les 400 millions de consommateurs de la région. L’accent a également été mis sur la transformation durable de l’agriculture et l’harmonisation douanière. Pour le pays hôte, cette rencontre consolide les fondations des politiques agricoles à venir.
« Je voudrais féliciter l’ensemble des participants pour leur expertise technique et leur contribution constructive à l’évaluation du rapport ECOWAP 2025. Ce bilan, ainsi que la formulation de l’ECOWAP 2035, prouvent que l’Ecowap est une fondation solide pour la coopération et l’intégration agricole régionale. »
Bai Bai Sesay, Directeur adjoint au Ministère de l’Agriculture – Gambie
L’ECOWAP 2035 place l’agriculture, pilier de 35 % du PIB régional, au cœur d’une stratégie de souveraineté alimentaire visant à réduire la dépendance aux importations. La CEDEAO a lancé notamment un plan de 19 milliards de dollars pour la filière rizicole afin de transformer les exploitations en industries agroalimentaires résilientes. L’enjeu majeur reste désormais la conversion de ces cadres réglementaires en opportunités d’affaires concrètes pour le secteur privé.
“Dans la région de la CEDEAO, on dépense 7 milliards de dollars pour mener à manger. et donc comme on a dit en 2050, nous serons 800 millions d’habitants, c’est important de dire comment nous allons faire pour préserver les zones ou on doit produire. Cela doit etre des lois qu’on doit défendre”
Mamadou Cissokho , Président d’honneur du réseau des producteurs agricoles d’Afrique de l’Ouest – Sénégal
“Au niveau de la CEDEAO, nous avons passé 50 ans pour harmoniser les politiques possibles qui permettent d’assurer le développement de nos affaires. Ce qui reste maintenant, comment on peut transformer ces opportunités ou les cadres qu’on a, en opportunité d’affaires pour le secteur privé. Et c’est là où nous en sommes. Nous pensons qu’au niveau des chambres de commerce, il est nécessaire de pouvoir identifier les chaînes de valeurs clés dans la région comme les aliments fortifiés pour les enfants ou le secteur pharmaceutique ou bien l’éducation même la santé.”
Aminou Akadiri, Directeur exécutif de la FEWACCi – Bénin
Les rencontres de Banjul s’insèrent dans une perspective plus vaste, englobant notamment le chantier de la monnaie unique, l’Eco, dont l’horizon est fixé à 2027. Le défi est immense pour cet espace géographique qui comptera 800 millions de personnes à l’aube de 2050. Dès lors, la sanctuarisation des terres arables et la promotion d’un cadre législatif agricole rigoureux s’imposent comme des priorités de souveraineté nationale.



