Alors que la nouvelle flambée d’Ebola poursuit sa progression en République démocratique du Congo et en Ouganda, le Rwanda renforce ses mesures de prévention pour empêcher l’introduction du virus. Contrôles aux frontières, surveillance sanitaire renforcée, mais aussi perturbations des échanges : la menace commence déjà à produire des effets, malgré l’absence de cas dans le pays.
La proximité du Rwanda avec les foyers épidémiques de l’est de la RDC et de l’Ouganda maintient les autorités sanitaires en état d’alerte. Si aucun cas n’a été détecté sur le territoire rwandais, le ministère de la Santé affirme que cette situation repose sur un dispositif de surveillance activé dès l’apparition des premiers foyers dans la région.
“Nous informons la population que le Rwanda n’a jamais connu de cas d’Ebola, et n’en dénombre aucun actuellement. Cette situation n’est pas fortuite, mais résulte de la synergie entre la communauté, le gouvernement et nos partenaires. Ensemble, nous veillons à la compréhension des enjeux, au maintien d’un système de surveillance rigoureux et à la disponibilité des ressources pour détecter, tester et traiter tout cas suspect. Nous nous préparons activement à tous les scénarios pour garantir une réaction immédiate.”
Sabin NSANZIMANA, Ministre de la santé – Rwanda
Mais cette vigilance n’est pas sans conséquences. Les restrictions appliquées à certains postes-frontières avec la RDC ralentissent les mouvements transfrontaliers et affectent les échanges commerciaux entre les deux pays. Chaque jour, des milliers de personnes traversent habituellement ces frontières pour le commerce, le travail ou les soins de santé, illustrant l’équilibre délicat entre impératifs sanitaires et activité économique.
“Il me semble essentiel de tirer des enseignements profonds de cette situation, en se focalisant prioritairement sur les origines du problème. Intervenir seulement quand les patients sont déjà à l’hôpital constitue une opportunité manquée ; il est impératif de s’attaquer aux causes premières. Cette lutte exige une coopération internationale et transfrontalière, car aucun État ne peut agir isolément. Notre action doit s’appuyer sur des preuves scientifiques et des données rigoureuses pour concevoir de nouveaux traitements et vaccins, particulièrement pour la nouvelle souche Bundibugyo qui en est actuellement dépourvue.”
Sabin NSANZIMANA, Ministre de la santé – Rwanda
Si davantage de patients guérissent ces dernières semaines, les spécialistes estiment que la flambée n’a pas encore atteint son pic. Africa CDC appelle à mobiliser rapidement 1,4 milliard USD pour renforcer la riposte sur le continent et éviter une propagation plus large du virus.



