Afrique : 100 milliards USD envoyés par la diaspora en 2024

Un grand nombre de professionnels africains, formés ou ayant acquis une expérience significative à l’étranger, choisissent de ne pas retourner sur le continent. Ce phénomène, communément appelé « fuite des cerveaux », a des conséquences néfastes, privant l’Afrique de compétences indispensables dans des domaines vitaux tels que la santé, la recherche et les technologies. Plusieurs raisons expliquent cette tendance. L’attractivité de l’étranger réside notamment dans des rémunérations plus avantageuses, de meilleures conditions de travail et un environnement professionnel perçu comme plus stable.

De nombreux talents africains formés à l’étranger choisissent de ne pas revenir sur le continent après leurs études ou leurs expériences professionnelles. Cette « fuite des cerveaux » prive l’Afrique de compétences essentielles dans des secteurs clés comme la santé, la recherche ou les technologies. En cause : de meilleures perspectives à l’étranger, avec des salaires plus élevés, des conditions de travail plus attractives et un environnement professionnel plus stable. À cela s’ajoutent, dans plusieurs pays africains, le manque d’opportunités, le faible financement de la recherche, les limites des infrastructures et parfois l’instabilité politique. 

“Je suis pour le fait de, finalement, se développer, évoluer là où on sent qu’on trouve ses repères et qu’on se réalise en tant que personne, parce qu’il existe autant d’entreprises, de structures et de projets, parce qu’il y a la richesse humaine qui l’apporte.”

Aniela Vé kouakou, Directrice générale de Agiloya Afrique Côte d’Ivoire 

La diaspora africaine représente une source essentielle pour les économies du continent. En 2024, les transferts de fonds ont atteint un record historique de 100 milliards de dollars, soit 6 % du PIB continental. Les Africains vivant à l’étranger sont ainsi des acteurs majeurs du développement économique. Le Sénégal illustre parfaitement cette dynamique, étant l’un des pays les plus bénéficiaires de ces transferts. L’enveloppe cumulée des migrants a progressé de 2 000 milliards de FCFA entre 2000 et 2025. Pour mettre en lumière le rôle de sa diaspora, le Sénégal a instauré une journée dédiée, célébrée pour la première fois le 17 décembre 2025. Cette initiative officialise la reconnaissance de la place centrale des Sénégalais de l’extérieur dans l’édification nationale.

“Moi je le pense et je le crois, si ces personnes-là arrivent à travailler le levier le plus important qui est le levier humain, c’est-à-dire passer par soi-même, déconstruire certaines croyances, comprendre qu’on va découvrir, on va partir dans un pays que finalement on ne connaît plus, avec un mode de fonctionnement, des leviers de motivation, une culture qui est différente, des réflexes qui sont souvent différents, et cela va passer par une bonne dose d’humilité.”

Aniela Vé kouakou, Directrice générale de Agiloya Afrique Côte d’Ivoire 

Le retour de la diaspora africaine est un enjeu majeur, nécessitant une réponse adaptée à la position de chacun. Face à des institutions étatiques africaines défaillantes, ce retour est rendu complexe, aggravant la fuite des ressources humaines et des cerveaux. Selon les experts, les gouvernements doivent s’y atteler sérieusement, tandis que la jeunesse du continent et la diaspora doivent faire preuve de plus de patriotisme et s’impliquer politiquement pour concrétiser en Afrique les idéaux occidentaux.

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