La régulation financière mondiale est au cœur d’un débat sur le financement du développement. Alors que les besoins en investissements explosent en Afrique, les règles actuelles de la finance internationale sont de plus en plus questionnées pour leur capacité à soutenir les économies émergentes.
En Afrique, la régulation des banques de financement visant rigueur et harmonisation communautaire pour une stabilité financière et limitation des risques, connaît un plein essor. Par ailleurs, pour les banques publiques de développement, les règles prudentielles de la finance internationale restent inadaptées à leur mission. Bien que ces banques jouent un rôle central dans le financement des infrastructures et des projets de développement, elles sont souvent assimilées à des banques commerciales dans les dispositifs de régulation. Une approche qui limite leur capacité à investir de manière contracyclique et à soutenir les économies les plus fragiles.
“Cela dit, les réglementations aujourd’hui nous considéraient la plupart du temps comme une banque commerciale, ce qui signifie que si nous nous en tenions strictement à notre mandat, nous ne serions pas contracycliques. Mais par définition, si je n’investis pas au Sénégal, si je n’investis pas au Mali, si je n’investis pas au Niger, qui le ferait ? Personne. Et ce serait même un très mauvais signal si nous n’agissons pas en conséquence.”
Serge Ekué, Président de la Banque ouest-africaine de développement – Bénin
Face à un déficit mondial de financement des objectifs de développement atteint près de 2 800 milliards de dollars par an selon les Nations Unies. Pour la Banque ouest africaine de développement qui promeut le développement équilibré des Etats membres et la réalisation de l’intégration économique en Afrique de l’Ouest, et cumule 10 387,2 milliards FCFA de montant global des financements de la BOAD toutes opérations confondues depuis sa création en 1976, l’efficacité des banques publiques de développement reste un élément majeur face aux situations intermédiaires notamment la gestions des risques.
“Mais en tant que BPD, nous sommes des banques de développement. La plupart d’entre nous ne versons donc aucun dividende à nos actionnaires, et nous nous consacrons au financement des infrastructures dans les secteurs de l’énergie, de la santé et de l’éducation, où parfois le rendement, que ce soit sur les actifs et encore plus sur les capitaux propres, est très faible. Nous sommes donc dans une situation intermédiaire, où nous devons être efficaces, tout en restant fidèles à notre mission de banques de développement. Nous sommes dédiés au développement.”
Serge Ekué, Président de la Banque ouest-africaine de développement – Bénin
Entre contraintes réglementaires et impératif de développement, les banques publiques de développement défendent un ajustement des règles financières internationales. L’enjeu est de leur permettre de mobiliser davantage de ressources pour répondre aux besoins massifs en infrastructures et soutenir la croissance en Afrique.



