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Bénin : l’agriculture face aux enjeux climatiques

L’amélioration de la fertilité des sols et plus généralement l’adaptation de l’agriculture au changement climatique constituent des enjeux majeurs de développement. Selon environnementalistes et climatologues, les régions tropicales, notamment l’Afrique subsaharienne et l’Asie du Sud, sont les plus affectées. En effet, le changement climatique conduit à une augmentation des événements climatiques extrêmes, avec des impacts négatifs sur les rendements, pour y pallier, au Bénin, un des pays touchés par le phénomène, une alternative est préconisée : l’agriculture intégrée.

Au Bénin, comme dans la grande majorité des pays africains, le secteur agricole dépend fortement des conditions météorologiques et des incidences des saisons et du climat. Au laboratoire de climatologie de la Faculté des sciences humaines et sociales, de l’École Doctorale Pluridisciplinaire à l’Université d’Abomey-Calavi, les analyses des chercheurs ont montré qu’il y a une évolution au niveau du continuum pluviométrique et thermométrique. Un contexte de variabilité climatique qui affecte le secteur agricole du pays. Les analyses du même laboratoire recoupées par d’autres examens réalisés ailleurs montrent que les cultures du maïs ont connu une baisse de rendement de 18 % par rapport à la production de 1,4 tonnes par hectare obtenu quelques années plus tôt par les agriculteurs. 

“En comparant les séries trentenaires des années 60 à 90 et des années 90 à nos jours, nous constatons une différence nette au niveau des précipitations et des températures. Quand je prends les précipitations au cours donc des deux séries, la comparaison montre que nous avons assisté à une diminution  des hauteurs de pluies pendant les mois de cultures de plus de trente pourcent ; encore plus grave c’est que le nombre de jours pluvieux par an a diminué de quinze pourcents. En ce qui concerne les températures en prenant les mêmes périodes et en faisant les mêmes comparaisons nous avons constaté que les températures ont augmenté en moyenne d’un degré, ce qui est déjà trop pour le développement des cultures  ”

Euloge OGOUWALE , Géographe- AgroclimatologueBénin

“Les réchauffements climatiques sont d’office les conséquences directes de l’insécurité alimentaire de nos jours. Nous assistons aux bouleversements du cycles saisonniers, à la baisse de la productivité et ceci impacte beaucoup parce que ça amène à augmenter  sinon à allonger la liste de nombres de personnes touchées par la famine”

SENADE ARNAUD BONOU, Promoteur agricole de la Ferme ADJIYON

Le changement climatique enregistré depuis les trente dernières années se manifeste  de diverses façons. Il s’agit entre autres de l’excès de chaleur, la sécheresse, la mauvaise répartition des pluies, l’inondation,  les vents violents, le raccourcissement des saisons. 

Aussi peut-on constater plusieurs indicateurs notamment la dégradation des sols, l’érosion, l’averse, la baisse du rendement des cultures. 

Le changement climatique engendre  aussi de nombreuses  contraintes sur la production agricole, animale et sur l’homme. 

“ On peut avoir l’averse des cultures donc vous semez par exemple du maïs et lorsqu’il y a le vent ça fait tomber les plantes. Toujours au niveau de la production végétale, on peut avoir des attaques des insectes, on peut avoir beaucoup de maladies au niveau des plantes. On peut avoir ce que nous appelons l’érosion   »

Gustave Dieudonné, Chercheur de l’INRAB -Spécialiste de la fertilité des sols

Les pays industrialisés d’Amérique, d’Europe et d’Asie connus pour être les grands pollueurs de la planète envoient des gaz à effet de serre dans l’atmosphère. L’augmentation de la concentration de ces gaz dans l’atmosphère constitue l’un des facteurs à l’origine du réchauffement climatique. De nombreux experts estiment que les africains ont une part de responsabilité face aux enjeux climatiques. Mais leur niveau d’engagement est très faible face aux pressions et activités anthropiques, des pays du Nord.  Face au dérèglement climatique, des acteurs du secteur agricole se sont appropriés l’approche One Health « Une seule santé ».

“ Pendant longtemps chacun travaillait dans son laboratoire donc c’était de l’individualisme mais ils ont compris au lieu que  chacun reste dans sa discipline on est partie aujourd’hui avec l’approche One Health donc santé et territoire pour montrer que tout le monde doit amener ces doigts comme le disait le Roi Ghézo pour boucher les trous de la jarre donc l’unité fait la force‘’

Guy Apollinaire MENSAH, Ingénieur Agronome- Directeur de recherche en zootechnique et faune

Le calendrier agricole étant totalement perturbé, les producteurs agricoles victimes du dérèglement climatique se sont adaptés aux phénomènes. Ils utilisent des pratiques endogènes ainsi que les données du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat GIEC. 

A Porto-Novo la capitale politique du Bénin, le Centre régional SONGHAÏ développe depuis près de 36 ans, l’agriculture intégrée. Un concept qui vise la renaissance africaine. 

Le modèle de l’agriculture à SONGHAÏ repose sur trois sous secteurs connexes notamment la production végétale, la pisciculture et la production animale. Les déchets issus de ces différents secteurs associés sont utilisés pour la création de la bioénergie.  Son objectif est d’avoir zéro déchet  avec une productivité remarquable.    

“Ce n’est pas l’agriculture d’hier, c’est l’agriculture de demain, une agriculture multifonctionnelle. Une agriculture qui peut créer l’emploi, l’agriculture qui peut soutenir l’industrie, une agriculture qui va soutenir le services donc c’est totalement différent et c’est cette agriculture qu’on a commencé ici il y a une vingtaine d’année, une trentaine d’année ”   

Godfrey NZAMUJO , Directeur du Centre Régional Songhaï

L’agriculture, base de l’économie béninoise, contribue à plus de 36% au Produit intérieur brut (PIB).  Le secteur agricole génère environ 70 % de l’emploi dans le pays. La production agricole reste peu diversifiée avec le coton comme principale culture d’exportation, et seulement 17 % des superficies agricoles utiles sont annuellement exploitées. 

En vue de s’adapter aux défis climatiques pour l’amélioration de la productivité agricole, de nombreux experts préconisent l’engagement des acteurs à divers niveaux notamment, les producteurs. 

En réponse aux effets du changement climatique, le Centre régional SONGHAÏ a adopté l’initiative pour l’Adaptation de l’Agriculture Africaine Triple A (AAA) . 

“Pour sauver l’environnement, il faut qu’on mette 0,4 % de carbone dans le sol chaque année. On appelle ça 4 pour mille. C’est déjà pratiqué ici. Si on arrive avec l’effort de recyclage des plantes partout, on appelle ça séquestration de carbone dans le sol, c’est la force, c’est l’élément le plus important pour faire face aux changements climatiques. Une fois qu’on fait séquestrer les carbones dans le sol, ça va faire exploser les micros organismes extraordinaires qui nous aident à renverser les effets des changements climatiques”     

Godfrey NZAMUJO , Directeur du Centre Régional Songhaï

Selon le Fonds international de développement agricole FIDA, l’agriculture demeure tributaire des précipitations et vulnérable aux changements climatiques au Bénin. Les petites exploitations, estimées à 550 000, ont une superficie moyenne de 1,7 hectare et sont consacrées principalement à l’agriculture de subsistance. D’après les perspectives agricoles de l’OCDE et de la  FAO 2021-2030,  les projections indiquent que les émissions mondiales de  gaz à effet de serre imputables à l’agriculture augmenteront de 4 % pendant la décennie à venir. 

Face aux défis du changement climatique, le challenge est de réduire  les gaz à effet de serre à travers des prises de décisions courageuses des pouvoirs politiques pour mettre un frein à certaines pratiques qui ont des conséquences fâcheuses sur l’environnement et l’agriculture. 

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