Ethiopie : les électeurs aux urnes pour les législatives et régionales dans un climat de tension

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Dans un bureau de vote à Addis-Abeba, la capitale de l’Ethiopie, une électrice accomplie son devoir civique © Conseil national des élections d’Éthiopie (NEBE) 

Les Éthiopiens sont dans les bureaux de vote depuis les premières heures de ce 21 juin 2021 pour des élections législatives et régionales repoussées deux fois en raison de la pandémie de covid-19. Ces élections  se tiennent  sur fond de tension et de famine dans la région en guerre du Tigré.

C’est un pas de plus pour la démocratie éthiopienne. Quelque 37 millions des 109 millions d’électeurs du pays se rendent aux urnes pour les élections législatives et régionales, les premières depuis 2015. Elles étaient initialement prévues pour août 2020, mais ont été reportées en raison du coronavirus. Dans plusieurs villes du pays, comme c’est le cas ici à Addis-Abeba, la capitale, les bureaux de vote ont ouvert peu après 3H00 GMT, selon les médias locaux. Des électeurs portant des masques faciaux, covid-19 oblige, s’y rendent progressivement pour accomplir leur devoir civique. De l’avis de certains observateurs, ce scrutin jugé crucial, se déroule sur fond de tension et de famine dans la région du Tigré. L’armée fédérale y mène une offensive depuis novembre 2020.

Le Tigré exclu du scrutin

Dans environ un cinquième du pays en raison de problèmes de sécurité et de problèmes logistiques, l’élection a été reportée. C’est notamment le cas de la région Tigré, où l’armée combat une force régionale depuis novembre 2020. Du côté de l’opposition, certains partis boycottent ces élections. Ils se plaignent qu’une répression gouvernementale contre leurs représentants ait perturbé leurs plans de préparation des élections. Le président du parti Balderas for Genuine Democracy, Eskinder Nega prendra part à cette élection depuis sa cellule en prison, il est candidat aux législatives. Le Front de libération Oromo s’est retiré en mars 2021, alléguant des actes d’intimidation du gouvernement. Le TPLF a quant à lui, été désigné organisation terroriste. Certains de ses dirigeants ont été arrêtés, tandis que d’autres sont en fuite ou continuent de mener une guérilla au Tigré.

Les électeurs saluent un vote “plus démocratique”

Ce scrutin, retardé par la pandémie de covid-19, est le premier test électoral du Premier ministre Abiy Ahmed depuis son arrivée au pouvoir en 2018. À 44 ans, Abiy Ahmed, lauréat du prix nobel de la paix 2019, avait à son arrivée au pouvoir promis d’incarner un renouveau démocratique dans ce pays d’Afrique de l’Est. “En terme d’indépendance des institutions, de processus, d’accès des médias, nous pouvons dire que c’est bien mieux que les précédentes élections, donc je peux dire qu’il s’agit d’un jour historique”, a expliqué à AFP Dessalegn Chanie, l’un des leaders du Mouvement national pour l’Amhara (NAMA), un parti d’opposition populaire dans la deuxième région la plus peuplée du pays.

Interrogés par l’AFP, plusieurs électeurs saluent ce vote qu’ils jugent plus démocratique que les précédentes élections, où la vie politique était dominée par la coalition au pouvoir depuis 1991. “Je vote parce que je veux voir mon pays se transformer. Cette élection est différente. On peut choisir entre différents partis politiques. Dans le passé, il n’y en avait qu’un”, a déclaré à l’AFP Milyon Gebregziabher, employé dans une agence de voyages, à Addis-Abeba. En effet, ce double scrutin législatif et régional mobilise 40 partis pour 9.500 candidats. Comme Milyon, Tesfa Hiwot espère que ces élections apporteront un changement. “Je suis très contente, car je vais voter pour quelqu’un qui sera bien pour moi. J’espère qu’il y aura de bonnes opportunités d’emploi, surtout pour les jeunes gens”, a-t-elle déclaré à l’AFP. 

Abiy Ahmed espère un mandat populaire

Le Parti de la Prospérité, le mouvement d’Abiy Ahmed, qui compte le plus grand nombre de candidats pour le Parlement fédéral, est le grand favori pour remporter une majorité et former un gouvernement. A travers ce vote, le Premier ministre espère obtenir un mandat populaire en remportant la majorité des 547 sièges du parlement fédéral. En Ethiopie, les députés élisent le Premier ministre, qui dirige le gouvernement, ainsi que le président, dont la position est honorifique.

Selon le calendrier électoral initial, les résultats préliminaires des circonscriptions devraient être annoncés dans les cinq jours suivant l’élection, tandis que les résultats définitifs certifiés seront annoncés après 23 jours.

Paul Marcel MAYAGUI avec AFP

NewsExpress

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