Au terme de l’ouverture des travaux ce 20 avril 2026 à Yaoundé, l’atelier régional sur l’état civil s’impose comme une réponse concertée aux défis persistants dans la sous-région. En Afrique centrale, près de 4 naissances sur 10 ne sont pas enregistrées, tandis que moins de 30 % des décès font l’objet d’une déclaration officielle. Réunis autour de ces enjeux, une quarantaine d’experts de la CEMAC et leurs partenaires entendent renforcer la production de données démographiques fiables.
Les fragilités frontalières au Gabon se traduisent par une recrudescence des trafics et de la criminalité transfrontalière. En 2023, plus de 7 500 faits de délinquance et crimes ont été recensés sur l’ensemble du territoire, tandis que plusieurs saisies de produits illicites, notamment de médicaments contrefaits et de stupéfiants, ont été réalisées aux points d’entrée nord du pays. Ces dynamiques ont mis en évidence la nécessité de renforcer les dispositifs de contrôle et de coordination.
“Nous savons, en effet, que plus de 420 millions de containers traversent les mers chaque année. La majorité transportent des biens illicites. Cependant, une partie importante est détournée pour le trafic des produits forestiers et des espèces animales protégées, des stupéfiants, des armes et pour la contrebande des marchandises, entre autres formes de criminalité.”
Marc Abeghe, Ministre délégué auprès du ministre de l’économie, des finances, de la dette et des participations, chargé du Budget – Gabon
Dans ce contexte, le Gabon et l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime ont formalisé leur coopération à travers la création d’unités de contrôle conjointes. Ce dispositif vise à améliorer la surveillance des frontières, à renforcer l’échange d’informations entre services et à mieux encadrer les flux de personnes et de marchandises. L’objectif est de professionnaliser les interventions et de réduire les vulnérabilités exploitées par les réseaux criminels opérant dans la sous-région.
“Le système des Nations Unies au Gabon demeure pleinement engagé à accompagner le gouvernement gabonais dans la mise en œuvre de cette initiative et à soutenir ses efforts pour renforcer l’état de droit, promouvoir la bonne gouvernance et favoriser un développement inclusif et durable.”
Fatou Aminata Lô, Coordonnatrice résident des Nations Unies au Gabon – Sénégal
Le Gabon est confronté à des défis au niveau de ses frontières, notamment avec le Cameroun et la Guinée équatoriale. Certaines zones de passage disposent de ressources limitées, parfois une dizaine d’agents seulement pour couvrir de vastes espaces. La frontière nord, très fréquentée, concentre une part importante des mouvements transfrontaliers. Cette situation structurelle a motivé le renforcement de la coopération internationale et l’appui technique de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime pour améliorer la sécurité aux frontières.



