L’identité numérique s’impose aujourd’hui comme un enjeu central de développement en Afrique, car elle conditionne l’accès aux services publics, à la santé, à l’éducation et aux services financiers. À Abidjan, l’assemblée générale d’ID4Africa réunit experts, gouvernements et acteurs privés pour accélérer cette transformation. Les discussions portent sur le passage vers des systèmes d’identité plus intégrés et interconnectés. L’objectif est de construire des solutions fiables, inclusives et adaptées aux besoins des populations.
En Afrique, près de 500 millions de personnes restent encore sans identité légale complète, limitant leur accès aux services publics, à la protection sociale et à l’inclusion financière. C’est dans ce contexte que s’est tenu, du 12 au 15 mai 2026 à Abidjan, l’Assemblée générale annuelle d’ID4Africa. Placée sous le thème « Transition vers des écosystèmes d’identité numérique », cette rencontre réunit plus de 2 000 participants venus d’une centaine de pays. L’objectif affiché : promouvoir des systèmes d’identification plus fiables, inclusifs et interconnectés, capables de transformer la vie quotidienne des citoyens.
‘’ Votre présence en si grand nombre réduit tout l’intérêt accordé à un sujet aussi essentiel que l’identité d’humain qui occupe désormais une place centrale dans la gouvernance publique, mais aussi dans l’inclusion sociale et financière. En effet, sans une identité fiable, il devient difficile de sécuriser les échanges et de bâtir des économies modernes fondées sur la transparence et la crédibilité. ‘’
Tiémoko Meyliet Koné, Vice-Président de la République – Côte d’Ivoire
Au cœur des débats, la transition vers des registres publics numériques intégrés s’impose comme un enjeu stratégique. Les systèmes envisagés relient état civil, santé, éducation et services financiers afin de faciliter l’accès aux services essentiels et de réduire les fraudes. Plusieurs États africains accélèrent le déploiement de solutions biométriques et de bases de données interopérables. À Abidjan, des innovations comme « Identy.io » démontrent cette évolution : reconnaissance faciale, empreintes digitales et paume de la main sécurisent les identités et limitent les enrôlements multiples.
‘’ L’idée est donc d’utiliser le smartphone pour vérifier l’identité à travers des cas d’usage concrets, sans avoir besoin de se déplacer dans un centre ou de poser ses doigts sur un scanner physique. Cela représente un véritable gain de temps pour les usagers. Plus besoin de passer toute une matinée dans une administration pour renouveler un passeport, effectuer des démarches officielles ou encore ouvrir un compte bancaire. ‘’
Jesus Aragon, CEO de Identy.io – Espagne
Les experts soulignent l’importance de ces infrastructures numériques pour l’inclusion sociale et le développement économique. Les solutions présentées permettent la vérification en temps réel et l’élimination des doublons, renforçant la confiance dans les systèmes publics. Dans un continent où l’accès aux services financiers reste inégal entre zones urbaines et rurales, l’identité numérique apparaît désormais comme une infrastructure critique, au même titre que l’électricité ou les télécommunications, pour soutenir croissance, gouvernance et innovation en Afrique.



