Somalie : l’opposition rejette la prolongation du mandat présidentiel après le 15 mai

À quelques semaines de l’échéance du 15 mai 2026, la Somalie traverse dans une crise politique majeure. L’opposition refuse de reconnaître la légitimité du président Hassan Sheikh Mohamud au-delà de cette date, tandis que le gouvernement invoque la nouvelle Constitution de mars 2026, qui prolonge le mandat présidentiel à cinq ans. Entre accusations de dérive autoritaire, désaccord sur le cadre juridique et menaces d’un processus électoral parallèle, le pays fait face à un risque inédit de double pouvoir institutionnel.

Le 23 avril 2026, l’opposition somalienne a annoncé qu’elle ne reconnaîtrait plus l’autorité du président Hassan Sheikh Mohamud après le 15 mai 2026, qu’elle considère comme la fin de son mandat de quatre ans en l’absence d’accord électoral. Cette prise de position marque une intensification des tensions politiques, les partis d’opposition rejetant toute prolongation jugée anticonstitutionnelle. La crise s’inscrit dans un contexte déjà fragilisé par les récentes révisions institutionnelles, notamment la promulgation, le 8 mars 2026, d’une nouvelle Constitution instaurant le suffrage universel direct et prolongeant le mandat présidentiel de 4 à 5 ans. 

“Selon les standards électoraux de l’ONU et de la CEDEAO, le calendrier n’est pas respecté. Le mandat en cours arrive à expiration cette année. Or, le passage de quatre à cinq ans, avec application immédiate, a entraîné une modification constitutionnelle adoptée par le Parlement, ce qui a influencé le processus législatif et le vote des députés.”

Sipho Mantula , Analyste politique Afrique du sud

Face à cette contestation, le Premier ministre somalien Hamza Abdi Barre a affirmé que, selon la constitution révisée, le mandat présidentiel est désormais de cinq ans, prolongeant celui de Hassan Sheikh Mohamud au-delà de mai 2026. L’opposition dénonce pour sa part une dérive autoritaire depuis les amendements de mars 2026, qui renforcent les pouvoirs du président et allongent les mandats à cinq ans, sans limitation claire du nombre de mandats.

“On observe des cas comme le Soudan du Sud où le calendrier électoral a été dépassé par rapport à ce que prévoit la Constitution. En Somalie, en revanche, les récentes révisions constitutionnelles ont suscité de vives critiques. L’opposition y voit une forme de manipulation politique, dénonçant les amendements adoptés et leur impact sur l’équilibre institutionnel”

Sipho Mantula , Analyste politique Afrique du sud

Dans le même élan, l’opposant Abdirahman Abdishakur a évoqué la possibilité d’un processus électoral parallèle. Une telle initiative pourrait conduire à la formation d’une administration concurrente, ravivant le spectre d’une fragmentation politique dans un pays déjà fragilisé par des décennies d’instabilité.

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