Depuis le 18 mai 2026, le Togo applique l’exemption de visa pour les ressortissants africains. Le pays rejoint ainsi les Seychelles, le Bénin, la Gambie, le Rwanda, le Ghana et le Kenya dans la dynamique d’ouverture des frontières africaines et de renforcement de la libre circulation sur le continent.
Le Togo ouvre désormais son territoire aux citoyens africains sans obligation de visa pour des séjours allant jusqu’à 30 jours. Annoncée par Faure Essozimna Gnassingbé, cette mesure s’inscrit dans la dynamique de la Zone de libre-échange continentale africaine visant à accélérer l’intégration économique, la mobilité régionale et les échanges intra-africains. Présentée à Lomé lors de la conférence inaugurale sur la politique et le droit de la concurrence organisée en marge de Biashara Afrika 2026, cette orientation a été défendue par le ministre togolais de l’Économie et de la Veille stratégique comme une étape cohérente avec la construction du marché unique africain.
« J’ai la conviction que par cette décision, d’autres pays suivront la marche pour que désormais, en allant au Kenya, en Ethiopie, en Afrique du Sud, en Égypte, au Nigeria, partout ailleurs en Afrique, quand on est ressortissant de ce continent, nous n’ayons pas besoin de cette formalité. “ »
Badanam Patoki, Ministre de l’Économie et de la Veille stratégique – Togo
Les autorités togolaises misent sur une augmentation des flux commerciaux, touristiques et des investissements régionaux. Cette décision intervient également dans un contexte de réduction annoncée d’environ 40 % du coût des billets d’avion dans l’espace ouest-africain afin de favoriser les déplacements sur le continent. Plusieurs acteurs économiques estiment que la combinaison entre baisse des coûts de transport et suppression des visas pourrait renforcer la fréquentation des aéroports africains et soutenir le développement des services liés au tourisme, à l’hôtellerie, à la culture et aux loisirs. Pour les organisations professionnelles du secteur touristique, cette mesure participe à une logique plus large de rapprochement des économies africaines et de valorisation du patrimoine régional.
« “ Nous au niveau de la fédération des entreprises du tourisme nous soutenons cette action et nous allons vraiment tout faire pour que les populations puissent connaître l’importance du tourisme, l’importance du patrimoine et l’importance de l’investissement par rapport aux infrastructures touristiques qui vont aujourd’hui éclore pour permettre à ce que nos populations puissent vivre dans la paix, dans la sécurité.»
Kossi Sambigou Nanika, Président, Fédération des entreprises de tourisme et de l’hôtellerie – Togo
Au-delà de la mobilité des personnes, la Zone de libre-échange continentale africaine est présentée par ses promoteurs comme un levier d’industrialisation du continent à travers la transformation locale des matières premières, la création d’emplois et le renforcement de la compétitivité des économies africaines. Avec cette réforme, le Togo rejoint le cercle encore limité des États africains favorables à une circulation sans visa pour les citoyens du continent. Un signal politique qui intervient au moment où plusieurs pays accélèrent la mise en œuvre concrète du marché unique africain.



