La Tunisie renforce progressivement ses échanges commerciaux avec les pays africains. Entre 2019 et 2025, les exportations vers le COMESA enregistrent une hausse significative, confirmant une réorientation stratégique vers le continent africain, dans un contexte de diversification des marchés.
Le commerce entre la Tunisie et le Marché commun de l’Afrique orientale et australe , COMESA a enregistré une progression significative entre 2019 et 2025. Les exportations tunisiennes ont augmenté de 50 %, passant de 1,9 milliard à 2,86 milliards de dinars, avec un pic dépassant les 3 milliards en 2023. Les importations ont atteint 2,06 milliards de dinars. Malgré le ralentissement lié à la pandémie de 2020, ces résultats confirment un ancrage croissant de la Tunisie dans l’espace intra-africain.
Il convient de souligner que l’adhésion au COMESA et le déploiement de la Zone de libre-échange continentale africaine agissent comme de puissants leviers de souveraineté économique. En réduisant les obstacles tarifaires, ces mécanismes offrent à la Tunisie une alternative tangible pour s’affranchir de sa dépendance historique vis-à-vis d’une Europe au dynamisme aujourd’hui déclinant et à l’économie vieillissante. Toutefois, pour pérenniser cette présence, la volonté politique seule ne suffira pas ; le véritable enjeu résidera, selon moi, dans la capacité à relever les défis logistiques.
BOUBACAR BA, Journaliste
Cette dynamique traduit une réorientation stratégique du commerce tunisien vers le continent africain, avec pour objectif de diversifier ses débouchés au-delà de ses partenaires européens traditionnels. Portée par une demande sectorielle soutenue, cette orientation est renforcée par l’intégration au COMESA et le déploiement de la Zone de libre-échange continentale africaine, deux piliers de l’intégration économique régionale.
À mon sens, cette croissance de 50 % résulte d’une réelle volonté de diversification et de substitution. L’intégration au COMESA, couplée aux prémices de la ZLECAf, a permis de lever d’importants obstacles douaniers. Les sociétés tunisiennes ont ainsi su tirer profit de cette situation pour répondre à une demande africaine en pleine expansion, particulièrement dans les domaines de l’industrie, des technologies et de l’agroalimentaire.
BOUBACAR BA, Journaliste
Malgré ces avancées, la Tunisie reste fortement dépendante de ses partenaires européens, ce qui la rend vulnérable aux chocs extérieurs. Les autorités misent donc sur la simplification des procédures, le soutien aux PME et aux start-up. L’enjeu est désormais de consolider cette dynamique et de transformer la progression avec le COMESA en une intégration durable sur le marché africain.



