Face aux répercussions de la crise au Moyen-Orient, les États membres de l’Alliance politique africaine appellent à une réponse concertée. Réunis à Lomé au Togo , les ministres des Affaires étrangères ont adopté une déclaration finale qui place la souveraineté économique, la sécurité et le dialogue au cœur des priorités du continent.
La déclaration finale de la conférence ministérielle extraordinaire de l’Alliance politique africaine tenue à Lomé au Togo marque une nouvelle étape dans la réflexion stratégique du continent face aux bouleversements géopolitiques internationaux. Les ministres estiment que la crise au Moyen-Orient dépasse désormais le seul cadre régional et produit des conséquences directes sur les économies africaines, notamment à travers les perturbations des chaînes d’approvisionnement, la volatilité des marchés énergétiques, les tensions inflationnistes, les difficultés d’accès aux intrants agricoles ainsi que les risques croissants pour la sécurité alimentaire et la stabilité des États africains. Les ministres soulignent également que la proximité géographique entre l’Afrique et le Moyen-Orient renforce les enjeux sécuritaires pour le continent.
“Nous avons aussi souligné l’engagement des États d’Amérique de la République islamique d’Iran en faveur du dialogue et de la recherche de solutions pacifiques que nous avons encouragées, que ce dialogue soit maintenu et que cette dynamique positive, dans l’intérêt de la stabilité régionale et internationale, soit soutenue.”
Robert Dussey, Ministre des Affaires étrangères – Togo
Au-delà du constat, les États africains appellent à une réponse coordonnée alors que la crise a déjà fait bondir les prix du pétrole de 31,8 % et ceux des engrais de 33,4 %, avec une dépréciation monétaire observée dans 29 pays. Ils misent sur l’accélération de la ZLECAf, le renforcement de la souveraineté énergétique, de la production agricole et de l’industrialisation pour limiter un recul de la croissance africaine estimé à 0,2 point si le conflit se prolonge. L’objectif est de consolider la résilience d’un continent où 32 pays ont accéléré leur croissance en 2025, dont 22 affichant un taux supérieur à 5 %.
“Nos travaux, comme vient de le dire le ministre des Affaires étrangères de l’Angola, ont permis de dresser une lecture africaine partagée de la crise actuelle au Moyen-Orient et de ses répercussions sur notre continent, d’examiner les réponses stratégiques adaptées à l’ampleur des impacts et d’engager un dialogue fécond avec les États du Moyen Orient qui ont fait de précieuses contributions à l’occasion de cette conférence. ”
António TETE, Ministre des Relations extérieures – Angola
La Déclaration de Lomé réaffirme enfin le choix du dialogue et de la coopération comme fondements de l’action diplomatique africaine. Elle prévoit la création d’un Cadre de dialogue stratégique Afrique–Moyen-Orient destiné à renforcer les consultations entre les deux régions sur les questions de paix, de sécurité, d’énergie, de commerce et de développement économique. Pour les États membres de l’Alliance politique africaine, cette initiative doit permettre à l’Afrique de mieux anticiper les crises internationales, de défendre ses intérêts stratégiques et de parler d’une voix plus unie sur la scène mondiale.



