Afrique – Impact de la crise du Golfe : 29 pays touchés par la dépréciation monétaire

La crise au Moyen-Orient s’invite dans les économies africaines. Hausse du prix du pétrole, renchérissement des engrais, perturbation des routes maritimes et tensions sur les marchés financiers : les conséquences dépassent largement la région du Golfe. Réunis à Lomé lors de la conférence ministérielle de l’Alliance politique africaine, des ministres et experts ont examiné les risques pour le continent et les réponses à apporter face à une vulnérabilité qui demeure élevée. Au-delà de la gestion de l’urgence, les participants à la conférence ministérielle de l’Alliance politique africaine ont plaidé pour des réponses structurelles fondées sur le renforcement de la Zone de libre-échange continentale africaine, le développement industriel, la sécurisation des intrants agricoles et la diversification énergétique. 

La crise au Moyen-Orient produit des effets bien au-delà de la région et expose les économies africaines à travers l’énergie, les engrais, le transport maritime et les marchés financiers. Présentées lors de la conférence ministérielle de l’Alliance politique africaine à Lomé au Togo, le 3 juillet 2026, les analyses font état d’une hausse de 31,8 % du prix du pétrole brut et de 33,4 % des engrais à base d’urée, alors que près de 30 % de l’approvisionnement mondial en engrais provient de la région du Golfe. Pour de nombreux pays africains dépendants des importations alimentaires et énergétiques, cette situation alimente la hausse du coût de la vie, accroît les dépenses publiques et fragilise davantage les équilibres budgétaires.

“ En Afrique. C’est très stratégique dans la mesure où beaucoup des fois, il n’y a pas un forum où on peut parler. Donc on congratule la République du Togo et le ministre des Affaires étrangères pour ce forum. Donc c’était très fructueux et on est convenus de se rencontrer à Luanda l’année prochaine pour continuer les discussions.”

Fatumata Jau, Ministre des Affaires étrangères Guinée-Bissau

Les signaux de fragilité se multiplient sur le continent, au moins 29 pays africains enregistrent une dépréciation monétaire et un prolongement du conflit pourrait amputer la croissance africaine de 0,2 point de pourcentage. Cette menace intervient alors que l’Afrique affichait une dynamique favorable, avec une croissance attendue de 4,5 % en 2027 contre 3,4 % en 2024, un PIB estimé à 2 800 milliards de dollars et 12 économies africaines classées parmi les 20 plus performantes du monde en 2025, d’où l’appel des participants à accélérer la transformation économique et l’intégration régionale.

“C’est une opportunité aussi dans la dynamique de diversification de nos partenariats, de pouvoir discuter de manière informelle et librement des défis qui se posent à nous et surtout d’être dans une logique d’anticipation, d’identification, de recherche et d’analyse.Comme l’a dit l’ont dit d’ailleurs les ministres de l’Angola et du Togo, c’est aussi à ça que sert ce type de fora.”

Corinne Amori Brunet, Ministre des Affaires étrangères Bénin

Au-delà de la gestion de l’urgence, les participants à la conférence ministérielle de l’Alliance politique africaine ont plaidé pour des réponses structurelles fondées sur le renforcement de la Zone de libre-échange continentale africaine, le développement industriel, la sécurisation des intrants agricoles et la diversification énergétique. 

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