Congo : les hydrocarbures génèrent 90% des exportations

Pilier de l’économie nationale, le pétrole reste au cœur du modèle de développement de la République du Congo. Troisième producteur d’Afrique subsaharienne pendant plusieurs années, le pays fait aujourd’hui face à un défi majeur : transformer localement une part significative de ses hydrocarbures afin de réduire sa dépendance aux exportations de brut et renforcer la création de valeur sur son territoire.

Avec une production oscillant entre 270 000 et 339 000 barils par jour, le Congo s’impose comme un acteur énergétique majeur en Afrique centrale . Le pays ambitionne même d’atteindre 500 000 barils par jour à l’horizon 2026, porté par de nouveaux investissements et l’exploitation de champs offshore. Cette production est dominée par des acteurs internationaux tels que TotalEnergies, Eni ou Perenco, en partenariat avec la Société nationale des pétroles du Congo (SNPC), bras opérationnel de l’État.

« En effet, alors qu’en début d’année, l’environnement semblait relativement maîtrisé, avec des anticipations d’offres plutôt confortables, une demande mondiale jugée globalement résiliente, en l’espace de quelques semaines, on pourrait dire de quelques jours, le contexte international politico-militaire s’est durci sous l’effet des tensions géopolitiques majeures, notamment au Moyen-Orient, faisant réapparaître avec force la question de la sécurité des approvisionnements énergétiques. »

Bruno Jean Richard Itoua, Ministre des HydrocarburesCongo

Malgré une production significative de pétrole, le Congo transforme encore très peu localement ses hydrocarbures. La majorité du brut est exportée, limitant la création de valeur sur le territoire national. Cette situation contraste avec la vision stratégique portée par les autorités, notamment par le président Denis Sassou Nguesso, qui vise à faire des ressources naturelles un levier d’industrialisation. Les hydrocarbures représentent 80 à 90 % des exportations, environ deux tiers des recettes budgétaires et près d’un quart du Produit Intérieur Brut. Une dépendance structurelle qui expose le pays aux fluctuations des cours mondiaux.

« Partout dans le monde, en effet, les nations prennent conscience qu’il n’y a pas de véritable indépendance politique, sans une véritable sécurité énergétique de qualité. Il n’y a pas non plus de croissance durable, sans un approvisionnement énergétique garanti. Il n’y a enfin pas de souveraineté économique sans maîtrise de ses ressources stratégiques. Pour la République du Congo, cela signifie que nous devons continuer à avancer avec méthode et détermination, en vue, entre autres, de consolider la production pétrolière. »

Bruno Jean Richard Itoua, Ministre des HydrocarburesCongo

L’un des principaux défis réside dans la faible capacité de transformation locale du pétrole brut. Aujourd’hui, la grande majorité de la production est exportée sans être raffinée localement, notamment via le terminal pétrolier de Djéno. Le Congo dispose néanmoins d’une raffinerie nationale opérée par la Congolaise de raffinage (CORAF), située à Pointe-Noire. Mais avec une capacité d’environ 21 000 barils par jour, celle-ci ne couvre qu’une fraction très limitée de la production nationale. En pratique, cela signifie que moins de 10 % du pétrole produit est transformé localement, le reste étant exporté brut avant d’être raffiné à l’étranger puis parfois réimporté sous forme de produits finis

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