RD Congo : Étienne Davignon renvoyé devant la justice belge pour son implication présumée dans l’assassinat de Patrice Lumumba

Plus de 60 ans après l’assassinat de Patrice Lumumba, la justice belge franchit une étape décisive. L’ancien diplomate Étienne Davignon est renvoyé devant le tribunal correctionnel pour sa participation présumée à des crimes de guerre, dans une affaire emblématique du passé colonial belge.

La justice belge franchit une étape historique. Le 17 mars 2026, la chambre du conseil de Bruxelles a décidé de renvoyer devant le tribunal correctionnel Étienne Davignon. L’ancien diplomate 93 ans, est poursuivi pour sa participation présumée à des crimes de guerre liés à l’assassinat de Patrice Lumumba, figure majeure de l’indépendance congolaise. Plus de soixante ans après les faits, c’est la première fois qu’un responsable belge est appelé à répondre pénalement dans ce dossier.

“C’est un pas vers ce devoir de mémoire qui reste perpétuel et qui reste important, ce fait de rendre les choses publiques et d’acter ça par la voie judiciaire.”

Mehdi LUMUMBA, Petit fils de Patrice LUMUMBARD Congo

Selon la justice, Étienne Davignon n’est pas accusé d’avoir directement commis l’assassinat, mais d’avoir contribué à des actes ayant conduit à la mort de l’ancien Premier ministre : détention illégale, transfert forcé et privation de garanties judiciaires. Des éléments jugés suffisants pour justifier un procès, possiblement en 2027 si aucun recours n’aboutit. La défense conteste les charges et dénonce la tenue d’un procès tardif, tandis que la famille Lumumba évoque une avancée majeure dans la quête de vérité. 

C’est lui qui était chargé d’organiser le transfert de Patrice Lumumba au Katanga, en sachant que sur place, il serait assassiné. Sans sa participation, le crime ne se serait pas réalisé de la manière dont il s’est réalisé. Donc, pour nous, il y a une participation coupable.

Me Jehosheba BENNETT, Avocat de la Famille LUMUMBABelgique

Au-delà du cas individuel, cette affaire a une portée politique et mémorielle, ravivant la question du rôle de la Belgique après l’indépendance du Congo. Elle pourrait transformer la reconnaissance d’une responsabilité morale passée en une possible responsabilité pénale. Pour rappel, Patrice Lumumba, premier chef de gouvernement du Congo indépendant en 1960, est assassiné le 17 janvier 1961 dans un contexte de fortes tensions politiques et internationales. Arrêté, transféré au Katanga puis exécuté, il est devenu un symbole des luttes africaines post-coloniales. Son assassinat, encore entouré de mystères, reste au cœur des débats historiques et judiciaires.

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