En Afrique, la fraude financière est devenue un frein majeur au développement économique. D’après le rapport Global Economic Crime and Fraud Survey de PwC, près de 40 % des entreprises africaines ont subi des fraudes au cours des 24 derniers mois, avec des pertes estimées entre 2 % et 5 % du chiffre d’affaires, auxquelles s’ajoutent sanctions réglementaires et atteintes à la réputation. Pour y faire face, les banques misent désormais sur des algorithmes de scoring en temps réel capables d’analyser des millions de transactions en quelques millisecondes. Parallèlement, des initiatives comme le PAPSS intègrent des protocoles automatisés AML/KYC afin de sécuriser les paiements transfrontaliers et limiter les risques de blanchiment d’argent.
« Au niveau bancaire, oui, on a des schémas standards parce que, quand on parle de fraude, il y a la fraude interne et externe. Mais aussi, on fait des applications qui ne sont pas assez protégées, et cela permet à certains hackers d’entrer et de pirater l’application, puis de saisir des comptes et autres. Mais d’un autre côté aussi, on a la fraude basique utilisant l’intelligence artificielle. »
Charles Nguega, Directeur du développement commercial Lexis Nexis Risk Solutions – Cameroun
L’objectif est de mieux détecter les opérations suspectes et de réduire les cyberattaques, dont le coût dépasse désormais 3 milliards d’euros par an en Afrique. En 2023, le continent a enregistré la plus forte hausse mondiale des cyberattaques hebdomadaires par organisation, avec +23 %. Face à cette menace, l’intelligence artificielle, le machine learning et l’analyse prédictive s’imposent ainsi comme des outils clés de conformité. Plus performants que les systèmes classiques générant jusqu’à 95 % de fausses alertes, les algorithmes d’IA atteignent désormais une efficacité de 42 % à 92 % dans la surveillance en temps réel.
« Véritablement, tous les schémas qu’on va trouver en Occident commencent à être adaptés en termes de fraude sur le continent africain et dans la sous-région. La lutte anti-blanchiment est une réalité et transfère le risque de réputation au-delà même de la sanction que vous aurez du régulateur. »
Charles Nguega, Directeur du développement commercial Lexis Nexis Risk Solutions – Cameroun
Au-delà de la sécurisation des opérations, cette mutation technologique devient un enjeu stratégique pour la transformation digitale du continent. Les experts estiment que la maîtrise de la donnée constitue désormais un levier de compétitivité majeur : selon le cabinet McKinsey, l’utilisation avancée de l’analyse de données pourrait générer une valeur annuelle de 40 à 100 milliards de dollars pour l’économie africaine d’ici fin 2026.



