Au Burkina Faso, les autorités renforcent leur contrôle sur les organisations de la société civile. Depuis mi-avril 2026, 929 associations ont été suspendues ou dissoutes pour non-respect des nouvelles règles administratives. Le gouvernement évoque une volonté de transparence et de lutte contre le financement du terrorisme.
Au Burkina Faso, le suivi des associations s’intensifie. Le ministère de l’Administration territoriale a annoncé le 12 mai 2026, la suspension de 247 nouvelles associations, pour non-renouvellement de leurs instances dirigeantes. Cette mesure porte désormais à 929 le nombre total d’associations suspendues ou dissoutes en moins d’un mois, un chiffre inédit qui illustre la détermination des autorités à encadrer le secteur associatif national.
Le gouvernement a voulu tout simplement communiquer avec le public burkinabé pour les préserver bien sûr de toute collaboration avec ces structures qui ne sont pas en conformité avec la loi. Parce que ce sont ces structures elles-mêmes, ces associations bien sûr, qui n’ont pas mis en tout cas toutes les actions de leur côté pour se mettre en conformité avec la loi.
JEAN-PIERRE VOGNA, Directeur général de l’Administration du territoire
Les structures concernées couvrent des domaines variés, allant de la santé et l’éducation à la promotion des droits humains, en passant par le sport, la religion ou l’agriculture. Selon le ministère, cette opération vise à « assainir » le tissu associatif et à garantir le respect de la nouvelle législation entrée en vigueur en juillet 2025, imposant des obligations renforcées de déclaration, de contrôle administratif et de conformité légale.
Si le mandat arrive à terme, évidemment, ce sont des obligations que les intéressés se sont données. Il faut bien sûr retourner vers l’administration pour dire oui. Bon, soit on a renouvelé les bureaux, les statuts ou règlements intérieurs sont modifiés et on modifie à l’administration qui prend acte. Mais une fois que ce n’est pas fait, évidemment, l’administration va constater que vous n’êtes pas à jour. Et c’est ce travail de salubrité, comme vous l’avez dit, que nous sommes en train de faire
JEAN-PIERRE VOGNA, Directeur général de l’Administration du territoire
Depuis son arrivée au pouvoir en 2022, le chef de l’Etat, le général Ibrahim Traoré multiplie les mesures de renforcement de la souveraineté nationale. L’exécutif affirme vouloir cartographier le paysage associatif, renforcer la transparence et lutter contre le blanchiment d’argent ainsi que le financement du « terrorisme ». Les ONG internationales et associations recevant des financements étrangers sont particulièrement surveillées, accusées par le gouvernement d’espionnage ou de collusion avec des groupes armés.



