L’ancien ministre nigérian de l’Énergie, Saleh Mamman, a été condamné à 75 ans de prison par un tribunal fédéral d’Abuja pour une fraude portant sur 33,8 milliards de nairas et liée à d’importants projets d’infrastructures électriques. Selon des sources officielles, cette condamnation pour corruption, parmi les plus importantes jamais prononcées contre un ancien membre du gouvernement, constitue l’une des plus importantes du pays.
L’ancien ministre nigérian de l’Énergie, Saleh Mamman, a été condamné à 75 ans de prison par un tribunal fédéral d’Abuja pour une fraude portant sur 33,8 milliards de nairas et liée à d’importants projets d’infrastructures électriques. L’affaire, portée devant les tribunaux par la Commission des crimes économiques et financiers (EFCC), a révélé que des fonds destinés à des projets hydroélectriques clés, notamment les centrales de Mambilla et de Zungeru, ont été détournés via des sociétés privées entre 2019 et 2021, privant ainsi le secteur énergétique nigérian, déjà en difficulté, d’investissements essentiels dans un contexte de pénuries d’électricité persistantes.
Protéger le patrimoine national est essentiel pour garantir la stabilité économique, le développement, la sécurité et le bien-être des citoyens. Au Nigeria, la Commission des crimes économiques et financiers (EFCC) joue un rôle crucial dans la protection des ressources publiques contre la corruption et autres délits financiers qui menacent la prospérité nationale.
Chris Oluka, Responsable de la communication créative, EFCC – Nigeria
Saleh Mamman, qui occupait le poste de ministre de l’Énergie en 2019, a été condamné par contumace. Le tribunal a ordonné aux services de sécurité nigérians et internationaux de l’arrêter et de le remettre aux autorités pénitentiaires pour qu’il purge sa peine. Le jugement stipule également que les peines de prison seront cumulatives et que les biens liés à cette affaire de fraude seront confisqués.
À mon avis, si l’EFCC n’a rien accompli de concret, le Nigeria devrait féliciter la Commission d’avoir posé les fondements du principe selon lequel nul n’est au-dessus des lois. Les personnalités influentes peuvent être interrogées, et elles l’ont été. Il suffit de se pencher sur les précédents travaux de la Commission pour se demander combien de ces personnalités de premier plan ont été mises en cause dans leur gestion. J’estime donc qu’il s’agit d’un progrès considérable que la Commission devrait célébrer.
Michael Wetkas, Directeur par intérim de la zone d’Abuja, EFCC – Nigeria
La condamnation de Saleh Mamman souligne la poursuite de la lutte contre la corruption au Nigéria, notamment dans le secteur de l’énergie, qui demeure essentiel au développement national mais qui est toujours confronté à d’importants défis en matière d’infrastructures et d’approvisionnement en électricité. Près de 85 millions de Nigérians n’ont pas accès à l’électricité du réseau et la capacité de production nationale est en moyenne bien inférieure à la demande, selon des estimations du secteur de l’énergie largement citées et des évaluations énergétiques internationales.



