Au Cameroun, l’accès aux soins reste un défi majeur, notamment dans les zones rurales. Mais un acteur discret joue un rôle essentiel aux côtés de l’État : l’Église catholique. Avec des centaines de structures de santé et des millions de patients pris en charge chaque année, elle constitue un pilier du système sanitaire national.
À Bamyanga et Marza, en périphérie de Ngaoundéré dans la région de l’Adamaoua au Cameroun, les centres de santé catholiques sont bien plus que de simples structures médicales. Chaque jour, des centaines de patients y affluent, pour se faire soigner. Dans ces zones parfois enclavées, souvent loin des grandes infrastructures hospitalières publiques, l’Église catholique comble les insuffisances de la carte sanitaire nationale. En effet, avec un réseau d’une centaine d’hôpitaux, près de 500 centres de santé et plus de 5 500 personnels mobilisés, pour environ 2 millions de consultations chaque année, l’Église représente une force majeure.
Le réseau catholique au Cameroun compte 100 hôpitaux, environ 492 centres de santé intégrés. Il emploie un peu plus de 5541 personnels répartis entre les médecins généralistes, les médecins spécialistes, les infirmiers, les aides-soignants et les autres personnels d’appui. Le réseau touche environ 2 millions de patients par an en termes de consultations curatives.
NADINE NAWAL YABOYA, Coordonnatrice diocésaine de la santé – Cameroun
Des chiffres qui traduisent une réalité de terrain : dans certaines zones rurales, jusqu’à 40 % de l’offre de soins est assurée par les structures confessionnelles. Leur particularité, une implantation au plus près des populations, là où l’offre publique reste limitée et où les besoins sont les plus pressants.
Elles sont implantées dans les zones reculées du Cameroun. Elles sont implantées un peu partout et elles touchent les personnes les plus vulnérables pour pouvoir offrir des soins de qualité à ces personnes.
NADINE NAWAL YABOYA, Coordonnatrice diocésaine de la santé – Cameroun
Autre atout majeur : l’accessibilité des soins. Grâce à un système centralisé d’approvisionnement en médicaments, les coûts restent maîtrisés. Une organisation qui permet aux populations les plus modestes d’accéder aux traitements essentiels, malgré des ressources souvent limitées.
Les coûts des médicaments sont abordables dans nos structures. Les médicaments sont importés par l’Organisation catholique de la santé au Cameroun, qui est implantée au niveau de la Conférence épiscopale nationale du Cameroun. Le ravitaillement est fait dans tous les diocèses du Cameroun et qui approvisionne aussi les structures catholiques au Cameroun.
NADINE NAWAL YABOYA, Coordonnatrice diocésaine de la santé – Cameroun
Au-delà de l’action humanitaire, c’est un véritable partenariat de fait avec l’État camerounais qui se dessine. En contribuant à l’accès universel aux soins, notamment en milieu rural, l’Église soutient la mise en œuvre de la Couverture Santé Universelle. Dans un système de santé sous pression, ce réseau agit comme un relais indispensable : réduction des inégalités, prise en charge des plus vulnérables, désengorgement des structures publiques. À Ngaoundéré comme ailleurs, ces soignants poursuivent leur mission dans la discrétion. Une action essentielle, à la croisée de la foi et du service public.



