Le président Joseph Boakai, a promulgué le décret exécutif n° 164, renouvelant pour un an le mandat du Bureau du Tribunal des crimes de guerre et des crimes économiques du Libéria, initialement créé pour élaborer les cadres nécessaires à la création d’un Tribunal spécial des crimes de guerre et d’un Tribunal national anticorruption. Le Bureau a achevé ses travaux et rédigé deux projets de loi à soumettre au Parlement : un pour chaque tribunal.
Le président Joseph Boakai a prolongé le 03 mai 2026, d’un an le mandat de l’Office chargé de préparer la création d’un tribunal spécial pour crimes de guerre et d’une cour anticorruption, désormais fixé jusqu’au 30 avril 2027. Cette structure, mise en place en 2024, devra mobiliser des financements, appuyer le Parlement dans l’adoption des textes déjà soumis et définir les cadres opérationnels des deux juridictions.
“il vaut mieux prendre du temps que compromettre la crédibilité des futures poursuites. Mais au-delà du droit, cette décision est aussi éminemment politique. Elle peut être perçue comme un signal positif, celui d’une volonté de lutter contre l’impunité et de répondre aux attentes des victimes.”
Bouba Keita, Juriste – Guinée
Les deux guerres civiles qui ont secoué le Libéria entre 1989 et 2003 ont été marquées par des violations massives des droits humains : exécutions, massacres, viols, tortures et utilisation d’enfants soldats. Au Libéria, personne n’a fait l’objet d’enquêtes ou de poursuites pénales pour les crimes graves commis durant ces guerres civiles. Seules des affaires portées devant les tribunaux à l’étranger ont permis d’obtenir justice pour ces crimes graves.
“En réalité, cette prolongation est une opportunité, mais elle sera pertinente que si elle s’accompagne de résultats concrets. Car une justice trop tardive ou perçue comme sélective risque d’affaiblir durablement la confiance des citoyens”
Bouba Keita, Juriste – Guinée
Le Président Boakai a renouvelé le mandat du Bureau chargé de la mise en place des deux tribunaux libériens, réaffirmant ainsi l’engagement du Libéria dans la lutte contre l’impunité. Ce Bureau semi-indépendant continuera d’assurer la coordination internationale, la mobilisation des ressources, le soutien technique et la supervision nécessaires à l’opérationnalisation complète des tribunaux. Son financement est assuré par le ministère de la Justice, via une subvention annuelle de 2 millions de dollars versée trimestriellement par le ministère des Finances.



