La République démocratique du Congo crée un Tribunal pénal économique et financier (TPEF) pour renforcer la lutte contre la corruption et les fraudes dans le secteur économique, particulièrement dans le domaine minier où des milliards de dollars échappent encore à l’État. Cette juridiction autonome, dotée d’un parquet spécialisé et structurée en deux chambres, entend offrir une réponse judiciaire forte et spécialisée face aux infractions économiques et financières. 40 juges pour combattre la corruption.
La République démocratique du Congo amorce un virage dans la lutte contre la criminalité économique. Le 14 mars 2026, les autorités ont annoncé la création d’un Tribunal pénal économique et financier (TPEF), une nouvelle juridiction destinée à renforcer la répression face à une corruption jugée endémique. Selon l’indice de perception de la corruption publié par l’organisation Transparency International, la RDC occupait en 2023 la 162e place sur 180 pays, avec un score de 20 sur 100.
“La solution trouvée, même si elle est généralement saluée par les observateurs, est une espèce qui ne va pas résoudre le problème.”
Kerwin Mayizo, Analyste politique – RD Congo
Malgré les discours réformateurs, les tendances sont restées quasi inchangées en 2024, confirmant le caractère structurel du problème. Pilier de l’économie nationale, le secteur extractif est particulièrement concerné. Entre 2016 et 2023, il aurait généré environ 129 milliards de dollars. Pourtant, une part importante de ces revenus échappe encore à l’État. Fraude fiscale, exploitation illégale et soupçons de corruption dans l’attribution des permis miniers alimentent un système opaque, régulièrement dénoncé par les organisations de la société civile.
“Le vrai problème en RDC, ce n’est pas l’absence de textes ni de juridictions, ni même de faire face aux fléaux que constitue la corruption, mais c’est plutôt le manque de moyens et la qualité d’hommes qui animent ces institutions”.
Kerwin Mayizo, Analyste politique – RD Congo
Face à cette situation, le nouveau tribunal se veut une réponse institutionnelle forte. D’après l’ordonnance présidentielle, le TPEF disposera d’une autonomie de fonctionnement et d’un budget propre inscrit au budget national. Basée à Kinshasa, la juridiction sera structurée en deux chambres et comptera au minimum 40 juges, dont 20 magistrats de carrière et 20 juges assesseurs.



