Afrique : baisse des importations de carburants à 650 000 barils/jour envisagée en Afrique de l’Est

Face à un impératif de souveraineté énergétique, la région est-africaine voit émerger des projets de raffinage structurants. Ces initiatives visent à réduire significativement la dépendance aux importations et à établir une industrie pétrolière pleinement intégrée et autonome.

Un projet de raffinerie d’une capacité de 650 000 barils par jour est envisagé en Afrique de l’Est par Aliko Dangote, promoteur de grandes infrastructures de raffinage sur le continent. Cette initiative intervient dans un contexte où plusieurs pays de la région, dont le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda, cherchent à réduire leur dépendance aux importations de carburants et à renforcer leur sécurité énergétique.

“  Ce projet représente un véritable changement de paradigme énergétique. Avec une production de 650 000 barils par jour, il ne couvrirait pas seulement l’intégralité de la demande actuelle de la région, mais générerait également un surplus destiné à l’exportation.Actuellement, l’Afrique de l’Ouest subit les contraintes d’une logistique complexe et des tensions mondiales. L’escalade de la crise au Moyen-Orient, qui menace la fluidité du trafic dans le détroit d’Ormuz et fait grimper les coûts du fret, rend l’autonomie énergétique vitale, la transformant en une question de sécurité nationale.« 

BOUBACAR BA, Journaliste Sénégal

Parallèlement à ce projet, l’Afrique de l’Est progresse dans l’établissement d’un pôle régional de raffinage à Tanga. Cette installation a pour vocation de centraliser le traitement du pétrole brut issu de plusieurs nations productrices, notamment la RDC et le Soudan du Sud. L’ambition est d’ériger une plateforme énergétique régionale commune pour satisfaire les exigences industrielles et de distribution de la zone.

“Le programme doit surmonter trois défis majeurs. Premièrement, le mur politique : harmoniser les intérêts nationaux (Kenya, Tanzanie, Ouganda) pour établir une fiscalité et des normes communes, un casse-tête diplomatique. Deuxièmement, le mur financier : malgré la richesse de certains investisseurs, le projet nécessite des milliards de dollars, et convaincre les bailleurs de financer le pétrole dans le contexte de la transition énergétique sera difficile. Troisièmement, le mur logistique : construire des milliers de kilomètres de pipelines sécurisés à travers des zones accidentées et sans infrastructure de transport fiable est essentiel pour acheminer le brut (RDC, Soudan) à la raffinerie de Tanga, sans quoi elle restera inutilisable. « 

BOUBACAR BA, Journaliste Sénégal

Ce projet s’inscrit dans une ambition plus large de transformation industrielle en Afrique. Le développement de capacités locales de raffinage est perçu comme un levier essentiel pour réduire la dépendance aux marchés internationaux, stabiliser les économies et accélérer l’industrialisation. À terme, la mise en service de cette infrastructure pourrait renforcer durablement l’autonomie énergétique de l’Afrique de l’Est et inspirer d’autres régions du continent.

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